mercredi, mars 23, 2005

Morituri de Yasmina Khadra

Titre: Morituri
Auteur: Yasmina Khadra
Catégorie: Polar
Editions: Baleine
ISBN: 2-84219-056-4
165 pages



Le commissaire Llob, vieux brisquard sinistre mais intègre, mène une enquête sur une femme disparue.

Au cours de son enquête il découvrira vite que toute cette histoire d'enlèvement baigne dans les milieux louches de la ville, depuis les trafiquants de drogue, en passant par les maquereaux et maquerelles gravitant dans l'orbite des nantis, jusqu'à ces nouveaux riches dont la voracité et l'arrogance n'ont pas de limite. Tous ceux qui se croient au dessus des lois.
Llob et ses adjoints poursuivront leurs recherches sur des pistes qui sentent la mort, souvent terrorisés, encore plus souvent menacés, victimes potentielles d'un système que personne ne contrôle plus.
C'est dans cette boue faite de corruptions et de meurtres, que les policiers finiront par trouver un début de vérité qui ressemble furieusement à un ticket sans retour pour l'enfer.

Ce polar est un mode d’expression pour comprendre une situation de crise de l'Algérie de l'époque. Il symbolise aussi la résistance.

Le style dans ce livre est très populaire, des fois proche de la vulgarité. Le language utilisé est cru et choquant. Ce qui est surprenant, c'est que l'auteur jongle avec habileté dans des figures de style et allégories redoutables. J'éprouve énormément de plaisir à les savourer.

Par contre du point de vue narration, je trouve qu'à certains moments l'action a tendance à traîner. Manque également l'aspect suspens. Franchement ce n'est pas du tout mon genre.

Ma note: 4/10.


A propos de l'auteur

Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, était officier supérieur de l'armée algérienne.

Né dans les années 50 à Kenadsa, minuscule pont-levis du Grand Sahara, il a 9 ans quand son père l'expédie à l'école des cadets d'El Mechouar, forteresse militaire.

Là-bas, au milieu d'orphelins de guerre hurlant de terreur la nuit, et de sous-offs au coup de pied au cul ajusté, il va se construire seul un équilibre instable, et même un destin. Grâce à la littérature. A 10 ans, il n'est plus un enfant, mais déjà il a le métabolisme d'un écrivain, et déjà il porte l'uniforme d'un soldat.

D’abord désireux d’écrire en arabe, langue dont il vénère les écrivains et surtout les poètes, puis désavoué par un de ses professeurs, il opte alors pour la langue française.

En écrivant des histoires un peu trop réalistes se passant dans son pays, il craignait les représailles de son administration de l'époque.

C'est ainsi qu'il a choisi un pseudonyme féminin, emprunté aux deux prénoms de sa femme: Yasmina Khadra.

Yasmina Khadra prouve de façon éclatante que loin d'être l'écrivain circonstanciel d'une seule guerre, il est un grand romancier des combats intérieurs.

Il vit actuellement en France.

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