lundi, janvier 04, 2010

L'elegance du herisson de Muriel Barbery



FICHE
Titre: L'élégance du hérisson
Auteur: Muriel Barbery
Catégorie: Roman
Editeur: Folio 4939 (Edition de poche)
Nombre de pages: 414
ISBN: 9-782070-391653


J'ai amené ce bouquin pour lire dans l'avion et durant les interminable files d'attente aux différents points de contrôles dans les aéroports, lors de mon voyage aux EU entre Noël et Nouvel An.

Je ne l'apprécie que moyennement, pour les tournures de phrases, jeux de mots et subtilités de language de la part des deux principaux personnages que sont la concierge de l'immeuble et la petite Paloma. Le regard impitoyable que porte nos deux héroïnes sur leur entourage est souvent cocasse.

J'ai trouvé excellent que l'auteur puisse tirer de la vie quotidienne dans un immeuble un roman qui tienne la route. Néanmoins une narration un peu plus abrégée et moins paraphrasée rendrait sa lecture moins rébarbative.

Le film, que j'ai pu visionner dans l'avion me plait mieux que son livre, malgré quelques modifications mineures de scénarios.

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lundi, mai 04, 2009

Les Piliers de la terre de Ken Follett



FICHE
Titre: Les piliers de la terre
Tome 1: Ellen
Tome 2: Aliena

Auteur: Ken Follett
Catégorie: Roman historique
Editeur: Stock

Un roman rempli de suspens sans fin, avec pour arrière plan l'Angleterre du XIIème siècle, du temps où règnent la guerre, la famine et la lutte de pouvoir entre les seigneurs féodaux et l'Eglise. Les intrigues se passent à tous les niveaux sociaux. Tous les ingrédients y sont présents: amour, sexe, violence, guerre, vengeance, ambition, enjeux économiques et pouvoir. Une lutte sans merci entre les gentils et les méchants, mais où la limite entre le bien et le mal est assez opaque, car l'allié d'hier risque de devenir l'ennemi d'aujourd'hui par le jeu des alliances. Ce qui renforce encore les effets à rebondissement, et fausse les anticipations du lecteur.

L'action se déroule autour de la construction d'une cathédrale à Kinsbridge, en Angleterre, et de deux héroïnes: Ellen et Aliena. L'auteur a su mélanger à merveille la réalité historique à la fiction. Bravo !

Du point de vue suspens cet ouvrage devance largement "L'arme à l'oeil" et même "Le réseau Corneille". Je crois que c'est le meilleur de Ken Follett que je n'ai jamais lu. Je n'arrive pas à le lâcher depuis le début jusqu'à la fin, tellement il est envoûtant, même si le nombre de pages a failli me décourager tout au début !

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dimanche, mai 03, 2009

Le clan des Otori de Lian Hearn, Tomes 1, 2 et 3



FICHE
Titre: Le Clan des Otori
Tome 1: Le silence du rossignol
Tome 2: Les neiges de l'exil
Tome 3: La clarté de la lune

Auteur: Lian Hearn
Catégorie: Roman
Editeur: Gallimard

J'ai un peu de retard dans mes notes de lecture. En lire et écrire, il faut choisir. Et comme j'étais dans ma phase hibernative, alors l'inaction prime, même si on considère que la lecture ne demande pas d'efforts particuliers, sauf cdelui de lire et de se laisser entraîner par le courant de la narration.

Depuis longtemps j'ai voulu parcourir cette trilogie qui faisait partie d'une PAL (pile à lire) qui ne cesse de s'empiler avec le temps ! Maintenant c'est fait, et la lecture et la pile, toujours longue mais partiellement allégée ! :-)

Je ne vais pas m'étaler sur le contenu et encore moins vous le résumer, ce n'est pas le but de ce billet qui est de vous partager mes impressions de lecture.

La scène se déroule dans un Empire purement hypothétique mais qui ressemble bizarrement au Japon, sauf que l'auteur ne nous a pas mis en garde contre les faits et personnages ayant une similitude avec ceux existants dans la réalité. Les seigneurs féodaux se combattaient les uns contre les autres pour étendre leur territoire et mettre main basse sur la richesse de leurs voisins.

C'est dans ce contexte que Takeo, notre héros, a grandi. Par le hasard des choses Takeo a été adopté par Shigeru seigneur du clan des Otori. Ainsi, Takeo se trouve entraîné malgré lui dans les intrigues de la lutte des pouvoirs, parallèlement avec sa quête de vengeance, et la découverte de ses racines ... Sans oublier son amour presque impossible avec Kaede.

Guerre, pouvoir, vengeance et amour, tout y est. Un pur moment d'évasion, envoûtant et passionnant. Cette trilogie m’a beaucoup plu.

Par contre j'ai été surpris de constater que cette trilogie, remplie de violence depuis le début jusqu'à la fin, figure dans la bibliothèque des jeunes à Genève.

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dimanche, février 08, 2009

Au sud de la frontiere, a l'ouest du soleil (Haruki Murakami)


FICHE
Titre: Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil
Auteur: Haruki Murakami
Catégorie: Roman
Editeur: Belfond
Nombre de pages: 224
ISBN: 2-7144-3748-6



Depuis une semaine je suis en immersion dans un univers d'Haruki Murakami totalement différent des deux précédents.

Dans celui-ci, il s'agit du parcours d'un japonais, fils unique, de famille modeste, depuis l'âge de 12 ans jusqu'à ce qu'il soit devenu propriétaire de deux clubs de jazz. Rien de spécial dans cette histoire paisible, à part les péripéties sentimentales d'Hajime, le personnage principal.

Le scénario est à peu près identique à celui du "Ballade de l'impossible": une rencontre entre un homme et une femme, un moment intense vécu avec tout ce qui s'ensuit dans de telles circonstances, puis d'un seul coup la femme disparait dans la nature, pour réapparaître comme par hasard, après un certain temps. Comme pour les autres romans, l'histoire d'amour est d'un brun sophistiqué.

Contrairement au scénario répétitif, inhérent peut être à son auteur, la narration varie d'un roman à l'autre, et le lecteur ne peut se lasser de lire et relire les métaphores de scènes si ordinaires de nos vies.

Enfin, une des particularités de ses romans, c'est qu'Haruki Murakami y rajoute à chaque fois un fond musical. Pour ce roman c'est "Star crossed lovers" (Strayhorn et Ellington), "Such Sweet Thunder" et "Embraceable you".

J'ai bien aimé ce roman cool et qui se parcours très rapidement. La semaine prochaine j'irai chercher "La chronique de l'oiseau à ressort".

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samedi, janvier 31, 2009

Kafka sur le rivage (Haruki Murakami)



FICHE
Titre: Kafka sur le rivage
Auteur: Haruki Murakami
Catégorie: Roman
Editeur: Belfond
Nombre de pages: 619
ISBN: 2-7144-4041-X



J'ai pris congé lundi et mardi passé, à l'occasion du nouvel an lunaire, et j'en ai profité pour récupérer mon énorme dette de sommeil et finir le deuxième Haruki Murakami emprunté à la même bibliothèque, qui me passionne autant que le premier. Maintenant que je l'ai fini, retour au monde réel du boulot qui m'attend et des échéances à tenir.

C'étaient des moments exquis de lecture, bercés par les Trios pour piano de Beethoven, dont, entre autres les Trio "A l'archiduc" (no 7 op. 97) et "Fantôme" (no 5 op. 70), ces deux morceaux qui ont séduit Hoshino, l'un des protagonistes dans le roman.

Sa lecture enchanteresse telle un conte de fée nous fait envoler dans des mondes spatio-temporels animés par des personnages mystiques et loufoques, où le présent et le passé s'entremêlent de façon complexe. Les deux principaux héros sont Kafka Tamura, jeune fugueur de 15 ans, soit disant pour échapper à une malédiction, et Nakata, un vieillard naïf ne sachant ni lire ni écrire. Kafka et Nakata, qui ne se sont jamais croisés dans le récit, entraînent dans leurs sillons d'autres personnages appelés à leur venir à la rescousse. Tous ont un point commun: la recherche d'une vérité, d'une personne ou de quelque chose, ou même une quête dont le seul but est la quête elle même. Et les rencontres du hasard arrivent, au moment opportun, pour donner un nouveau de pouce dans ces parcours initiatiques.

Ce roman nous emporte à la frontière d'un surréalisme mythologique à la sauce japonaise, et en même temps nous plonge dans une psychanalyse profonde de l'âme et du subconscient humain. Avec un arrière fond de tragédie grecque et beaucoup de métaphores.

Tellement enivrant que j'arrive difficilement à fermer le livre quand il s'agit d'aller au travail ou au lit !

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samedi, janvier 24, 2009

La ballade de l'impossible (Haruki Murakami)






FICHE
Titre: La ballade de l'impossible
Auteur: Haruki Murakami
Catégorie: Roman
Editeur: Belfond
Nombre de pages: 390
ISBN: 978-2-7144-4352-6




Livre emprunté à la bibliothèque de Carouge.



A travers ce roman, je découvre pour la première fois Haruki Murakami.

Haruki Murakami est un auteur extrêmement populaire au Japon. Originaire de Kobe, il a étudié le théâtre et le Grec à l’Université Waseda (Tokyo). En 1974, il ouvre un petit bar de jazz qu’il va tenir pendant 7 ans, avant d'enseigner à Princeton durant quatre autres années. Son premier livre "Ecoute la chanson du vent", en 1979, lui vaut le prix Gunzo.

Dans "La ballade de l'impossible", Watanabe nous fait plonger dans un univers hyperréaliste de sa vie quotidienne et de ses amis, où les moindres détails insignifiants revêtent soudainement une importance poétique.

Nous sommes ainsi entrainés dans un tempo envoûtant d'histoires et d'aventures fantasmatiques où l'instant présent est tout ce qui compte pour les principaux personnages. Dans sa quête du pur amour, Watanabe côtoie la souffrance, la folie, les ombres de la mort et même un brin d'érotisme.

Une citation:
"Quelle que soit notre vérité, la tristesse d’avoir perdu quelqu’un qu’on aime est inconsolable. La vérité, la sincérité, la force, la douceur, rien ne peut calmer la douleur, et, en allant au bout de cette souffrance, on apprend quelque chose qui ne nous est d’aucune utilité pour la prochaine vague de tristesse qui nous surprendra."

Lecture aussi calme et tranquille que de contempler un coucher de soleil au ralenti. Tendre et à la fois passionnant.

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mercredi, janvier 14, 2009

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran d'Eric-Emmanuel Schmitt





FICHE
Titre: Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran
Auteur: Eric-Emmanuel Schmitt
Catégorie: Roman
Editeur: Albin Michel
Nombre de pages: 85
ISBN: 2-226-12626-0




J'ai emprunté ce livre à la bibliothèque municipale de Genève.



Ce roman court et simple est très émouvant.


Sans aucune connotation religieuse, il décrit un exemple d'amitié et d'humanisme à suivre dans un monde d'intolérance, celui d'un enfant juif qui n'est pas tout à fait juif et d'un épicier arabe qui n'est pas tout à fait arabe.

J'ai particulièrement apprécié des vérités qui y sont contenues. Un petit exemple:

Lorsque tu veux savoir si tu es dans un pays riche ou pauvre, tu regardes les poubelles. Si tu vois ni ordures ni poubelles, c'est très riche. Si tu vois des poubelles et pas d'ordures, c'est riche. Si tu vois des ordures à côté des poubelles, c'est ni riche ni pauvre: c'est touristique. Si tu vois les ordures sans les poubelles, c'est très pauvre.

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mardi, juillet 08, 2008

Le dernier match de John Grisham



FICHE
Titre: Le dernier match
Auteur: John Grisham
Catégorie: Roman
Editeur: Pocket
Nombre de pages: 203
ISBN: 978-2-266-17277-6



Neely Crenshaw, est revenu à Messina dès qu'il a su que son entraîneur Eddie Rake va mourir, tout comme les anciens joueurs de l'équipe de foot du lycée de Messina. Neely, le numéro 19, a été l'un des meilleurs. Une blessure au genou l'empêchait de devenir un grand joueur professionnel.

Le compte à rebours mortuaire commence et c'est l'occasion à cette communauté de Spartiates de se retrouver, de revivre les glorieux comme les sombres moments de l'histoire de leur équipe.

Au fur et à mesure que les personnages apparaissent, les scènes du passé surgissent les unes après les autres, avec les émotions. Des scènes vécues, revécues et re-revécues par ceux qui l'ont connues. Les langues se délient, chacun cherche à se réconcilier avec son passé.

Les conversations tournent surtout autour d'Eddie, cet entraineur au fort charisme qui voue sa vie entièrement au foot. A travers ses méthodes contestables certains l'adorent et d'autres le détestent. Qui est-il donc vraiment Eddie Rake pour susciter tant de débats ?

Un court roman rempli d'humanité, pour changer des thrillers habituels de John Grisham, surtout la cérémonie de célébration à la mémoire du défunt, narrée de façon sublime.

Pour le compte du Magazine Murmures.

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dimanche, juillet 06, 2008

Enfer rouge mon amour de Lucien Trong



FICHE
Titre: Enfer rouge mon amour
Auteur: Lucien Trong
Catégorie: Roman
Editeur: Seuil
Nombre de pages: 95 pages A4
ISBN: 2.02.005544-9



Récit d'un ex détenu d'un de ces innombrables camps de concentration qui existent toujours au Viêt-Nam. Pourquoi il a été emprisonné, comment il a vécu l'enfer de ces camps et comment il s'en est échappé.

Plus qu'une histoire réellement vécue, ce roman a le mérite de mettre en exergue une amitié qui se lie tout le long de cette longue période de détention. Deux personnes de niveaux sociaux différents et qui n'auraient jamais pu se côtoyer dans d'autres circonstances.

A travers les diverses anecdotes, nous y découvrons également comment le régime communiste dictatorial viêtnamien actuel gouverne de façon arbitraire ce pays. Les détenus de droit communs, les péripatéticiennes et les dissidents politiques, même membres du parti communiste, sont traités sur même pied d'égalité.

Nous découvrons également que l'humanisme d'un régime se découvre dans ses geôles et non ailleurs. Voyez le cas de Guatanamo, par exemple, même si la violence et le terrorisme sont à blâmer. La violence ne justifie à elle seule pas l'escalade de la violence. Alors qu'ici il n'y a même pas de violence sauf des actes soit disant réprimés par les gouvernants.

Ces zones économiques nouvelles, comme on les appelle communément là bas, sont inaccessibles même en dehors de sentiers battus, pour les touristes et les journalistes. Donc théoriquement inexistants.

A lire, pour ceux qui voient dans le Viêt-Nam un avenir glorieux pour son peuple et qui y voient aussi une destination touristique moralement pure.

Cet ouvrage circule actuellement sur internet à travers le milieu dissident de la diaspora viêtnamienne tout comme d'autres récits écrits en viêtnamien.

Vous pouvez le télécharger directement sur le site de l'auteur:

http://enferrougemonamour.free.fr/

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lundi, mai 12, 2008

Sers moi encore de Mario Lotasso

Manuscrit à la recherche d'un éditeur.

Ce manuscrit, de 277 pages en format A4, m'est parvenu par un certain hasard de la vie et des accointances. C'est pourquoi je ne connais pas son auteur, pour pouvoir vous le présenter.

Ce roman, qui se déroule sous l'ère de Mussolini avant sa déchéance, met en parallèle l'histoire d'une femme de chambre et celle de sa maîtresse, une comtesse italienne. Les valets servent les maîtres depuis des générations. Puis un jour, les rôles sont inversés.

"Sers-moi encore" est un roman simple rempli d'humanité. Entre deux, des petites histoires d'amour s'y intercalent, pour corser un peu le tout et mettre les lecteurs en halène jusqu'à la fin.

Le style de cet œuvre est plaisant et facile à lire. Emouvant.

Je souhaite à son auteur beaucoup de succès et j'espère de tout cœur qu'il trouvera un éditeur, pour que le public puisse parcourir cet ouvrage un prochain jour.

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mardi, mars 18, 2008

L'or d'Alexandre d'Oliver Delorme



FICHE
Titre: L'Or d'Alexandre
Auteur: Olivier Delorme
Catégorie: Thriller
Editeur: H&O
Nombre de pages: 441
ISBN: 978-2-84547-163-4


Après la parution de la "Quatrième révélation", le petit nouveau tant attendu est enfin sorti. Il s'intitule "L'or d'Alexandre", un roman dont le thème est basé sur un fait divers avec pour arrière plan la Grèce antique. Rien de surprenant vu que l'auteur lui-même est hédoniste et historien de surcroît.

Dans cet ouvrage OD cherche à captiver l'attention du lecteur à travers un dédale de manigances et de mystères tout en donnant à son récit une authenticité aussi proche que possible de la réalité. Mission réussie ? A vous de juger.

Je vous propose ci-après une interview de l'auteur au sujet de la genèse de cet ouvrage qui est fort intéressante.


1. Dans quelles circonstances avez vous écrit l'Or d'Alexandre ? Pourquoi ce sujet ? Qu'est ce qui vous l'a inspiré ?

OD:

Ce livre a une triple origine: une rencontre, un fait divers et une vieille histoire.

La rencontre s'est déroulée à la FNAC de Reims où j'étais invité par l'association Ex Aequo, pour la présentation de mon deuxième roman Le Plongeon (qui vient de ressortir en poche H&O) publié en 2002. Il y avait dans l'assistance un lecteur en fauteuil roulant qui a semblé extrêmement étonné, après la fin du forum, que je trouve le temps de parler avec lui, que je m'accroupisse pour mieux l'entendre en raison du brouhaha ambiant. J'ai compris plus tard qu'il était si souvent victime de discriminations de la part des "valides", qu'il avait redouté de ma part soit une fin de non-recevoir, soit quelques mots de compassion et une esquive.

Et j'ai réalisé alors que mon comportement, qui était pour moi le plus naturel du monde - échanger avec un lecteur -, lui avait semblé, à lui, exceptionnel.

Puis Michel Robert, à qui est dédié ce livre, est devenu un ami. Et plus je le connaissais plus je prenais conscience de ce que sa condition de tétraplégique et d'homosexuel impliquait, des obstacles quotidiens qu'il rencontrait, aussi bien matériels que dus au regard des autres, à leur indifférence, voire à leur hostilité. Aussi, petit à petit, la nécessité s'est-elle imposée à moi qui, dans chacun de mes livres, ai toujours voulu, à l'image de Voltaire, "écrire pour agir", de créer un personnage handicapé qui montre, à travers une histoire policière, un suspense que j'espère haletant, un regard ironique sur notre monde politique, tout ce que ma rencontre avec Michel m'a appris, ce que je ne voyais pas auparavant et dont j'ai pris conscience depuis.

La deuxième source de ce livre est un fait divers auquel je me suis intéressé ces dernières années. Il s'agit de l'arrestation et du jugement d'un conservateur en chef de Bibliothèque nationale de France, chargé des manuscrits hébraïques, et qu'on a condamné parce qu'il aurait lui-même volé et vendu certains des manuscrits dont il avait la charge. Au fur et à mesure que je lisais ce qui paraissait sur cette affaire, j'ai eu l'intime conviction que cet homme était innocent. Je ne sais si cela est vrai, mais ce que je sais, après cette affaire comme après celle d'Outreau, c'est qu'on a la fâcheuse tendance, au soi-disant pays des Droits de l'homme, à emprisonner, souvent dans des conditions honteuses, avant d'avoir jugé et de condamner de plus en plus facilement, sans preuves matérielles, à des peines de plus en plus lourdes. Bref, je crois que la procédure judiciaire que nous semblons incapables de réformer, jointe au système de la détention provisoire plus ou moins généralisé, à la condamnation en vertu d'une intime conviction, à l'état scandaleux de nos prisons et à un pouvoir de plus en plus autoritaire et de plus en plus démagogique qui voit dans des lois de plus en plus répressives la solution à tous ses échecs, sont un véritable cancer d'une démocratie française très malade et qui prend chaque jour plus de retard sur les pays qui nous entourent que ce soit en matière de droits des homosexuels, dans le refus pathologique de notre Nomenklatura politique de légaliser la fumette, comme partout en Europe, ou de reconnaître aux individus le droit de mourir dignement quand ils le décident.

Une des deux intrigues qui s'entremêlent dans L'Or d'Alexandre tourne donc autour de l'accusation portée contre une conservatrice du Louvre d'être le cerveau d'un trafic de tableaux (le trafic d'œuvres d'art rapporte autant, aujourd'hui, au crime organisé que le trafic d'armes ou celui de la drogue) prêtés par le Louvre pour des expositions à l'étranger et dont a découvert que certains avaient réintégré les réserves sous la forme de faux.

Quant à la vieille histoire, elle est racontée par de nombreux historiens de l'Antiquité. En 279 avant notre ère, des Gaulois commandés par Brennus déferlent sur la Grèce. Ils sont repoussés du sanctuaire de Delphes, mais réussissent à s'emparer d'une partie de ses richesses. Les dieux maudissent alors ce butin qui porte malheur à quiconque le touche, les Gaulois le rapportent néanmoins jusqu'à Toulouse, où les Romains le volent à leur tour en 106... Il disparaît pendant son transfert à Rome et moi, j'imagine dans mon roman qu'il réapparaît de nos jours et est acheté par le Louvre. C'est à cause de cet Or offert par Alexandre le Grand à l'Athéna de Delphes que plusieurs meurtres étranges seront commis. Je n'en dirai pas plus, mais cette deuxième intrigue qui s'imbrique à la première me permet aussi de parler de l'actuelle dérive commerciale de musées pour lesquels produire des ressources propres, valoriser leur fonds comme d'autres des actifs financiers, bref faire du fric, devient bien plus important que d'assumer les missions que leur assignait la politique culturelle... au temps où la France en avait une !


2. Quelles étaient les difficultés rencontrées durant sa rédaction et comment avez vous fait pour surmonter ces obstacles ?

OD:
Il y a eu quelques difficultés techniques, concernant les problèmes de faux et d'authenticité des objets d'art que j'évoque, mais ayant travaillé au Louvre il y a quelques années, j'ai recouru à l'aide et à l'expertise d'amis qui travaillent dans le milieu de la peinture et au Centre de recherche et de restauration des musées de France. Je les ai interrogés avant pour savoir si l'histoire que j'avais bâtie tenait la route, puis je leur ai fait lire mon manuscrit et l'ai corrigé en fonction de leurs remarques.

Pour le reste, les difficultés sont celles que rencontre tout romancier pour construire et conduire une intrigue. En ce qui me concerne, je ne me mets à écrire qu'en sachant comment commence mon histoire, comment elle finit et quelle va être sa structure. Cette fois, l'évidence s'était imposée à moi, qu'elle devait être racontée par deux voix différentes, celles de mes deux "héros". Mais au fil de l'écriture, les personnages qu'on a construits acquièrent une telle densité, une telle logique interne, qu'ils refusent parfois de faire ou de dire, ce qu'on avait prévu qu'ils fassent ou disent ; il faut donc s'adapter à eux pour aboutir là où l'on veut arriver. Et puis il y a le travail de documentation: j'évoque dans L'Or d'Alexandre la spoliation des collections juives par les nazis pendant la dernière guerre mondiale, le régime oustachi en Croatie, le rôle du Vatican dans l'évasion des criminels de guerre ou les turpitudes financières de la papauté... tout cela, naturellement, a nécessité un travail méticuleux, mais de formation , je suis historien: j'aime cela !

En fait, la principale difficulté a consisté à faire de mon personnage handicapé un vrai personnage. Je ne voulais surtout pas être dans le registre de la compassion. Je voulais créer un personnage de chair et de sang, contradictoire, avec de l'humour et de la mauvaise foi, amoureux et rempli de doutes, parfois furieux contre son corps, le destin, les autres - avec raison ou injustement. Je voulais en faire à la fois un personnage profondément humain et "moteur" de mon roman. Je ne voulais pas en faire une copie de Michel Robert - ce qu'il n'est pas -, mais j'avais besoin de Michel pour le rendre crédible, pour donner des détails vrais, parfois crus (qui peuvent être violents ou choquants pour tel ou tel) de sa vie. Et Michel a accepté de répondre à toutes mes questions, les plus ingénues comme les plus intimes, les plus indiscrètes. Chaque fois que je me trouvais dans une situation qui me posait problème, je décrochais mon téléphone. Chaque fois il a répondu avec la plus grande sincérité ; jamais il ne s'est dérobé. Puis je lui ai donné mon manuscrit à lire. Jamais je n'ai été aussi angoissé dans l'attente d'un retour de lecture: j'avais perdu deux ans et demi de travail s'il me disait que mon personnage était raté. Il ne me l'a pas dit et, comme je l'ai écrit dans ma dédicace, sans son amitié, son courage et sa confiance, mon Or d'Alexandre n'existerait pas.

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samedi, octobre 21, 2006

Une relation dangereuse de Douglas Kennedy



FICHE
Titre: Une relation dangereuse
Auteur: Douglas Kennedy
Catégorie: Roman
Editeur: Belfond
ISBN: 2-744-4010-X

Ce livre m'a été remis par Silviou lors de la rencontre mensuelle des Bookcorsaires à Genève du mois d'août passé. J'ai profité des heures d'attente entre Genève, Gatwick et Guernsey pour le finir.

Elle: Sally, profession: journaliste. Lui: Tony: profession: aussi journaliste. Ils se sont rencontrés en cours de mission. Rien de plus banal comme début pour une histoire d'amour.

Les premiers moments de lune de miel passés, commencent les déboires de la jeune femme, ses problèmes de santé, ses tensions avec Tony, enfin tout ce peut arriver comme mésaventures quand une femme, expatriée loin de chez elle, dans un endroit où elle ne connaît personne, se sent mal dans sa peau, qu'elle doit se débrouiller toute seule, et que le type avec qui elle vit n'est pas disponible pour lui offrir un soutien physique et moral. Sur ces thèmes vous aurez droit à un baratin, de long en large, tout au long de sa première partie, à ne pas en finir.

Ce n'est vers la deuxième moitié du livre que le récit commence à devenir plus attirant voire, à certains endroits, palpitant. Comment, en solitaire, Sally va-t-elle remonter la pente ? Réussira-t-elle, et de quelle façon, à affronter la triste réalité des coups tordus de Tony ?

Je ne vous dirais pas plus parce que ça va faire diminuer votre plaisir dans la lecture du roman.

Comme mentionné précédemment, si le début du livre me déçoit, la fin par contre est à la hauteur d'un roman policier judiciaire à la Perry Mason ou façon John Grisham.

Ouvrage disponible à qui m'en fait la demande par courriel.

Notation: 6/10.

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samedi, mai 20, 2006

Le Zahir de Paulo Coelho


FICHE
Titre: Le Zahir
Auteur: Paulo Coelho
Catégorie: Roman
Editeur: J'ai lu
ISBN: 2-290-35313-2





Une femme, Esther, disparaît dans des circonstances mystérieuses. Son mari veut avoir le cœur net et part à sa recherche. Mais la quête de sa bien-aimée, s'est vite transformée en parcours initiatique nous mène à travers divers traités comme le sens de notre existence, la vie de couple, le sexe, la réalité de la guerre etc … etc …

Lui, qui a tant lutté pour la liberté, pour son indépendance, et pour qui ces valeurs sont ce qu'il y a de plus cher dans le monde, ce chemin lui fait découvrir que la liberté n'est pas l'absence d'engagement mais qu'une sensation. Qu'un rêve prend fin, que la stabilité s'accompagne d'un profond ennui, et que le bonheur est entâché d'impermanence. Il a alors choisi d'affronter le risque de voir ses rêves mal tourner plutôt que d'y penser sans arrêt.

A certains moments le lecteur a l'impression que l'auteur raconte sa propre vie,

Lecture philosophique, du même style que l'Alchimiste mais en plus édulcoré, ce livre de poche est à amener absolument avec vous en vacances, là où le temps à disposition vous permettra de mieux savourer la "substantifique moëlle".

Chronique réalisée pour le compte du Magazine Murmures.

Notation: 9/10.

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dimanche, février 26, 2006

NEIGE de Maxence Fermine



FICHE
Titre: Neige
Auteur: Maxence Fermine
Catégorie: Roman
Editeur: Points
ISBN: 2-02-038580-5



Yuko avait deux passions: le haïku et la neige.

Le haïku est un court poème japonais composé de trois vers et de dix-sept syllabes, pas une de plus. La neige, elle aussi est un poème qui vient de la bouche du ciel et qui tombe des nuages en flocons blancs et légers. Là où vivait Yuko, la neige était la poésie de l'hiver.

En avril 1884, le jour de ses dix-sept ans, contre l'avis de son père, un prêtre shintoïste qui considère que la poésie n'est pas un métier mais un passe-temps, Yuko lui annonce qu'il sera poète.

"Je veux apprendre à regarder passer le temps" disait-il à son père.

Il passa son temps de cette façon pour célébrer la beauté de la neige. Quoique les mots sont puisés à la source de la beauté et les textes dotés d'une musicalité originale, un poète renommé de la cour trouve que ses haïku sont dénués de couleurs, et lui recommande d'aller se faire perfectionner auprès de Soseki, un homme qui possède l'art absolu.

Il s'en allait auprès de Soseki, en emportant pour seul bagage l'or de sa foi en l'amour et en la poésie. Toute cette quête pour acquérir l'art du funambule.

"Écrire, c’est avancer mot à mot sur un fil de beauté, le fil d’un poème, d’une œuvre, d’une histoire couchée sur un papier de soie. Écrire, c’est avancer pas à pas, page après page, sur le chemin du livre. Le plus difficile, ce n’est pas de s’élever du sol et de tenir en équilibre, aidé du balancier de sa plume, sur le fil du langage. Ce n’est pas non plus d’aller tout droit, en une ligne continue parfois entrecoupée de vertiges aussi furtifs que la chute d’une virgule, ou que l’obstacle d’un point. Non, le plus difficile, pour le poète, c’est de rester continuellement sur ce fil qu’est l’écriture, de vivre chaque heure de sa vie à hauteur du rêve, de ne jamais redescendre, ne serait-ce qu’un instant, de la corde de son imaginaire. En vérité, le plus difficile, c’est de devenir un funambule du verbe."

Très beau récit du voyage initiatique d'un adolescent à travers la poésie, l'amour et la beauté.

Lecture facile, cool et relaxante. Se lit très rapidement.

Notation: 10/10.

BIOGRAPHIE

Né en 1968, Maxence Fermine a vécu à Paris avant de partir en Afrique où il a travaillé dans un bureau d'études. Il vit aujourd'hui en Haute-Savoie avec sa femme et sa petite fille.

BIBLIOGRAPHIE
• Neige (1998)
• Le Violon Noir (1999)
• L'Apiculteur (2000)
• Opium (2002)
• Billard Blues (2003)
• Amazone (2004)

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vendredi, février 24, 2006

Interview d'Olivier Delorme par Lancelot


Olivier Delorme (en abrégé dans le texte: OD) répond aux questions de Lancelot dans le cadre de la publication de son dernier roman, "La Quatrième Révélation". Cet interview a été réalisé pour le compte de Murmures Magazine no 13 JAN-FEV 2006.



Lancelot: Quelles sont les circonstances qui vous ont inspiré le scénario de La Quatrième Révélation ?

OD: La Quatrième Révélation est née d’une volonté et de deux hasards. La volonté, c’était, après un livre très sombre, très dur, Le Château du silence, construit autour de la tragédie des 1619 Chypriotes grecs disparus en 1974 et dont certains ont été détenus dans des conditions abominables, en Turquie, pendant plus de vingt ans, avant, sans doute, d’être assassinés, d’écrire un roman plus léger, avec suspense et humour, un polar où s’entremêleraient une intrigue décrivant les turpitudes politico-financières françaises de ces dernières années, et une autre sur les racines de l’homophobie obsessionnelle de l’Église catholique.

Le premier hasard, lui, fut la lecture dans la revue Nature, puis dans Pour la science, en janvier et septembre 1996, de deux articles sur le rongo-rongo, une écriture hiéroglyphique non déchiffrée de l’île de Pâques qui comportait des signes phalliques. Je me suis dit alors qu’il pourrait être drôle, dans un futur roman, un jour, de bâtir tout un système d’écriture, composé entièrement de signes phalliques et destiné à cacher un secret… J’ai rangé ces deux articles dans mes archives et laissé travailler l’idée dans un coin de ma tête jusqu’à ce qu’elle resurgisse lorsque j’ai commencé à écrire ce livre à l’automne 2003.

Quant au deuxième hasard, ce fut une conversation, à l’occasion d’une signature du Château du silence, avec un ami qui participait alors à la défense de la famille d’un jeune homme, lors du procès de ses meurtriers. Il s’agit de Patrick Olivier, dont on retrouvera le nom et certaines des circonstances de la mort dans La Quatrième Révélation, et dont mon ami me raconta comment il avait été insulté, humilié, abominablement torturé avant de mourir étouffé dans son sang. Récit terrifiant mais qui, pour moi, avait aussi une autre dimension: pourquoi donc, dans les crimes homophobes, quels qu’en soient le déclencheur ou le mobile, y a-t-il toujours déchaînement de violence, volonté de nier l’humanité de la victime, acharnement à la faire souffrir avant de la tuer ou de la laisser agoniser ? Et la seule réponse que j’ai pu trouver à cette question, c’est que cette violence-là était la conséquence et la manifestation incontrôlée, à l’état brut, de plus de deux mille ans de haine et de peur du judaïsme et du christianisme pour les relations homosexuelles. Une peur et une haine qui s’enracinent dans Le Lévitique de l’Ancien Testament, qui se transmettent, à travers saint Paul, au Nouveau Testament et aux Pères de l’Église, qui prennent une forme légale, dès le IVe siècle, lorsque l’empereur Théodose, dans la premier code législatif inspiré par le christianisme, se fonde sur Paul pour envoyer les sodomites au bûcher – supplice où la souffrance précède la mort. Une peur et une haine qu’on retrouve intactes dans les derniers textes du Vatican.

Lancelot: En toute confidence, ces manuscrits phalliques sur les actes de saint Paul et la confrérie Primum Agmen Christi sont-ils un produit de votre imagination ou la réalité ?

OD: Ils sont un pur produit de mon imagination. Je ne prétends pas révéler un secret caché de la chrétienté. Ce qui m’a intéressé, dans ce livre, c’est de me servir du mystère, du suspense, de l’humour, de l’ironie pour essayer de mettre en lumière combien l’homophobie (au sens étymologique de peur) est intimement liée au christianisme. Et sur ce sujet, il y a quelques faits incontestables. Dans la Grèce de l’Antiquité, les dieux, comme les héros où les simples mortels considéraient les relations sexuelles entre hommes comme une forme de sexualité parfaitement naturelle, normale, non exclusive du mariage et de la procréation. Il faudrait nuancer à l’infini, mais aucune condamnation morale ne pesait sur l’amour d’un homme pour un homme (et pas seulement, contrairement à ce qu’on continue à dire, contre toute évidence, d’un homme pour un adolescent) qui est même parfois donné comme la forme d’amour la plus noble, la plus gratuite, associée ici au courage, à la vertu, à l’avènement de la démocratie à Athènes, à la restauration de l’indépendance à Thèbes…

Or, c’est dans ce monde-là que prêche Paul – un Paul qui, par ailleurs, fait preuve de pragmatisme en défendant que, pour conquérir le monde gréco-romain, le christianisme auquel il est le premier à donner une cohérence dogmatique, la nouvelle religion doit abandonner nombre des vieilles obligations et condamnations juives. Paul n’a pas connu le Christ, mais il impose aux disciples du Christ le renoncement à la circoncision, aux interdits alimentaires… mais pas à la condamnation des relations sexuelles entre hommes. Au contraire, il renouvelle – et avec quelle violence ! ("Ceux-là méritent la mort", "le royaume des cieux leur est interdit") – la vieille condamnation du Lévitique.

Et c’est là qu’intervient mon manuscrit codé. Paul n’a-t-il pas dit lui-même que Satan lui avait planté une écharde dans la chair ? Les exégètes se sont perdus en conjectures durant deux millénaires: psoriasis, constipation chronique, impuissance ? je ne suis pas le premier à avoir avancé l’hypothèse que l’écharde en question tenait à l’attirance de Paul pour son sexe. Mon interprétation romanesque du personnage, à travers le récit, caché par le code phallique, d’un jeune Chypriote tombé amoureux de Paul et qui le suit durant des années, est cependant assez nouvelle car elle fait de Paul, non seulement un homosexuel pratiquant écartelé entre ses attirances et les interdits de sa religion, mais un homme qui prêche avec passion la haine de ce qu’il pratique avec constance, qui condamne en public ce à quoi il se livre en privé, qui méprise et maltraite ceux qu’il utilise pour assouvir des pulsions qu’il prétend réprouver. Un comportement qui, d’ailleurs, peut peut-être permettre d’en expliquer d’autres, aujourd’hui, ici ou là – dans l’Église ou le monde politique par exemple.

Quant au Primum Agmen Christi, l’Avant-Garde du Christ, il n’existe pas. Mais disons qu’il s’inspire d’assez près d’un mouvement ultra-réactionnaire et para-intégriste, à tendance sectaire, dont la naissance et le développement sont intimement liés au franquisme espagnol et aux dictatures sud-américaines, qui s’est fixé le but de reconquérir les élites, qui s’est acquis le surnom de Sainte Mafia, et qui exerce une influence déterminante dans le gouvernement de l’Église depuis le règne de Jean-Paul II, lequel a canonisé en un temps record son fondateur – à la spiritualité et à la pensée assez indigentes, mais homme d’influence et de pouvoir hors de pair.

Lancelot: Utilisez vous vos romans pour transmettre des idées ? Si oui, lesquelles ?

OD: Je n’aime pas lire la littérature nombriliste, introspective, l’autofiction. Je n’ai donc aucune envie d’en écrire. La littérature que j’aime est celle qui parle du monde dans lequel elle se fait. Dumas, dans Le Comte de Monte Cristo auquel la dernière partie de La Quatrième Révélation est un clin d’œil, peint avec férocité la société de la Restauration; Anatole France, dans L’Histoire contemporaine, dont le héros s’appelle Bergeret comme mon juge, met en scène la France de l’affaire Dreyfus; mon Bergeret se prénomme Julien, comme Sorel du Rouge et le Noir où Stendhal raconte en détail les méandres d’une sombre conjuration politique, dite du bord de l’eau. Quel meilleur livre sur la révolution de 1848 que L’Éducation sentimentale de Flaubert ? Je pourrais ajouter à la liste de mes auteurs préférés Voltaire, Hugo, Zola, Malraux, Durrell, Yourcenar, Stratis Tsirkas… Bref, ma tradition littéraire est celle-là: décrire le monde dans lequel on vit, se servir de l’Histoire pour parler du présent, en racontant une histoire, en créant des personnages de chair et de sang, qui aiment, qui pensent, qui croient, qui souffrent, qui agissent qui subissent. Il ne s’agit pas pour moi de faire une littérature démonstrative, engagée; mais mes personnages, ceux pour qui le lecteur ne peut ignorer que j’ai des faiblesses, témoignent de la lutte pour la liberté de penser et d’aimer, du refus de toutes les formes de totalitarisme – brutal ou insidieux – qu’a engendré la pensé monothéiste, de l’affirmation d’une irréductible dignité humaine face aux systèmes philosophiques, économiques ou religieux…

Je trouve que, confrontée à la littérature anglo-saxonne, la littérature française est aujourd’hui bien provinciale, fade, dénuée d’ambition, fermée à l’air du large, ignorante des réalités politiques et sociales. Je ne m’y résigne pas. Dans La Quatrième Révélation, j’ai mêlé à l’intrigue relative au manuscrit codé une autre bien contemporaine, qui met en scène le monde politique français, ses mœurs nomenklaturistes, un combat entre présidentiables, sans merci ni scrupules (quitte à éprouver souvent le sentiment, ces temps-ci, que ma fiction est dépassée par l’actualité), les mécanismes d’une corruption politique qui, après trente ans "d’affaires", n’a provoqué aucun renouvellement de la "classe" politique française, à peine quelques réformes (purement cosmétiques) ou quelques condamnations (purement symboliques), la démission ou le déplacement de plusieurs juges ou procureurs trop curieux ou trop peu serviles… mais aucun roman.

Lancelot: Vous êtes historien de formation. Quelles sont selon vous les motivations qui incitent un historien à écrire de tels romans ?

OD: Jusqu’à l’âge de trente ans, j’ai pensé à l’écriture en terme d’articles scientifiques à publier, de thèse à terminer, de biographie que j’entreprendrais peut-être ensuite. Jamais je n’avais pensé écrire un roman. Et puis, à un moment de ma vie où je liquidais enfin, vraiment, une histoire de passion amoureuse destructrice, douloureuse, j’ai éprouvé le besoin d’écrire une fiction… en la transposant dans l’espace et le temps. Et soudain je me suis aperçu que l’écriture romanesque me procurait à la fois une incroyable libération et un intense plaisir; qu’elle me devenait jour après jour plus indispensable, et qu’elle me donnait en outre la possibilité d’écrire sur l’histoire des choses dont j’étais certain mais que je ne n’aurais pu écrire dans un livre d’historien.

Depuis, grâce à mon compagnon, toute ma vie a pu se réorganiser en fonction et autour de l’écriture. Et moi, au fil des livres, je crois devenir de moins en moins historien et de plus en plus romancier.

Lancelot: Les Ombres du levant votre premier roman, puis Le Plongeon, ensuite Le Château du silence et enfin La Quatrième Révélation: dans chacun de ces romans se retrouve la Grèce et l'amour entre hommes. D'où vient cette passion que vous avez pour la Grèce et la culture hellénique ? Vous considérez-vous comme un romancier gay ?

OD: Le rapport avec la Grèce est assez mystérieux: mes premiers vrais souvenirs de lecture se rapportent aux Contes et légendes de la mythologie grecque et à ceux de l’histoire de la Grèce ancienne. À la même époque, nous allions en vacances, sous la tente et dans une 404 hors d’âge, en Italie du sud, la Grande Grèce: à 8 ou 10 ans, j’ai visité Paestum, Cûmes, Pompéi… J’ai voulu devenir archéologue, suivre des études classiques. À quinze ans, pour me récompenser d’avoir eu mon brevet, mes parents m’ont emmené pour la première fois en Grèce. J’ai pleuré à deux reprises durant ce voyage: en voyant approcher les côtes grecques, au petit matin, sur le bateau qui venait de Brindisi, puis en apercevant l’Acropole, au milieu des gaz d’échappement d’un embouteillage athénien. À partir de ce voyage-là, une partie de ma vie était jouée: je n’ai plus songé qu’à repartir pour ce pays, à le découvrir, l’explorer, le parcourir. Pendant les vacances scolaires, j’ai travaillé pour y retourner, sac au dos, chaque année ou presque.

Les hasards de la vie et de la carrière ont fait que je ne suis pas devenu archéologue, mais l’essentiel n’était plus là, parce que je n’étais pas tombé amoureux seulement de la Grèce historique en marbre blanc. J’étais tombé amoureux d’un pays vivant, habité par des gens d’aujourd’hui, de ses paysages, de sa lumière, de leur cuisine, de leur musique, de leur littérature, de leur manière d’être ensemble et de danser, de leur perception du monde et du temps, de leurs qualités et de leurs défauts… Jusqu’à choisir de partir vivre deux ans sur une petite île du Dodécanèse, "mon" île désormais: les deux plus belles et plus riches années de ma vie.

Quant à la question d’être un romancier ou un romancier gay… c'est une question intéressante et biaisée à la fois. Lorsque j’écris un roman, je ne me demande pas si je suis romancier, gay, l’un et l’autre, plus l’un que l’autre. Gide, Yourcenar, Wilde… sont-ils des écrivains gays, parce qu’ils étaient homosexuels, parce que leur œuvre met en scène des personnages homosexuels ? Pourtant, et en même temps, on écrit avant tout à partir de ce qu'on est et l’on écrit dans un temps donné. Or, je suis gay et j’écris dans un temps où il n’est plus "nécessaire" de se dissimuler, de "transposer" comme crut devoir le faire Proust. Cette liberté, j’en suis un héritier, puisqu’elle fut conquise par des aînés; j’en suis aussi comptable au temps où, dans la Rome de Benoît XVI, on nous ressert une fois de plus le vieil amalgame homosexualité/pédophilie et où le régime iranien pend, dans l’indifférence générale des médias occidentaux, des jeunes gens parce qu'ils sont homosexuels.

Cette liberté j’en ai d’ailleurs profité, parce que Gide, Yourcenar ou Navarre m’ont dit, à moi, à l’âge où je me demandais si je n’étais pas un monstre, si je n’étais pas la victime d’une malédiction, que l’homosexualité n’était ni une maladie ni une condamnation au malheur. Et je sais par des lettres et des rencontres que mes précédents livres ont eu pour des jeunes gens la même "utilité".

Cela signifie-t-il pour autant que je sois un romancier gay ? Non, si être un romancier gay c’est renoncer à s’adresser à tous et écrire des histoires de gays pour des gays. Oui, comme je suis un romancier anti-chrétien, un romancier hédoniste, gourmand, amateur de bons vins, passionné de Grèce, de liberté… l’homosexualité tient une place importante dans mes livres parce qu’elle tient une place importante dans ma vie et parce que je tente d’écrire avec sincérité. Avec ma sincérité, c’est-à-dire, je crois, d’une manière assez différente des trois modes de traitement de l’homosexualité qui, en littérature, me semblent demeurer dominants: l’homosexualité de salon esthétisante et désincarnée, la vieille homosexualité-malédiction qui semble connaître, ces temps-ci, une nouvelle vogue, l’homosexualité-provocation qui à vrai dire ne provoque plus personne depuis longtemps même si elle enchaîne jusqu’à la nausée les descriptions cliniques d’actes sexuels, de préférence à risques et dans des ambiances glauques ou violentes – de toute façon sans jubilation. Littératures tristes de peine-à-jouir où la culpabilité le dispute à l’autopunition.

Les histoires que j’écris tentent au contraire de montrer une homosexualité positive, charnelle et sentimentale, équilibrée, épanouie même lorsqu’elle est libertine et vagabonde. Et si mes histoires finissent mal, parfois, ce n’est pas par une cause intrinsèque à l’homosexualité, mais parce que celle-ci continue à susciter la violence de la société, du pouvoir, des religions, en réponse aux questions qu’elle leur pose et qui touchent à l’universel. C’est ce que j’essaye de dire, notamment lorsque j’écris, dans La Quatrième Révélation, à propos du règne de Théodose, que "la liberté meurt en même temps que meurt la liberté d’aimer les garçons", parce qu’à partir du règne de ce chrétien fanatique qui achève la construction de l’empire totalitaire entreprise par Constantin, persécute et massacre à tour de bras les païens comme jamais les chrétiens n’avaient été persécutés, en même temps qu’il envoie les sodomites au bûcher, parce qu’à partir de ce règne inaugural d’un millénaire et demi de totalitarisme chrétien, l’attitude de l’État à l’égard de l’homosexualité sera effectivement, jusqu’à nos jours, un excellent baromètre de la liberté de conscience et des libertés individuelles.

Lancelot: Enfin pouvez-vous nous parler un peu de vous, quel type d'homme vous êtes, ainsi que vos passe-temps favoris ?

OD: Je suis avant tout un hédoniste: j’ai fait mienne, une fois pour toutes, la philosophie de l’école grecque de Cyrène – aux antipodes du christianisme –, celle que défend Michel Onfray dont j’admire et suis le travail depuis des années: la recherche du maximum de plaisirs, au prix du moindre inconvénient et en prenant garde de ne pas nuire à autrui. J’ai une immense reconnaissance pour mes parents qui ont fait beaucoup de sacrifices pour nous permettre, à ma sœur et à moi, de faire les études que nous avons choisies, qui m’ont donné le goût des voyages – une de mes drogues favorites avec le bourgogne et la retsina. Je partage ma vie depuis plus de vingt ans avec le même garçon – tendresse, humour, connivence, confiance, amour je crois; même sens ludique de l’infidélité sensuelle et, pour reprendre une expression d’Onfray, du libertinage solaire. J’aime cuisiner, boire et manger (on le lit aussi dans mes livres) pour et avec mes amis. Le soleil, la mer, les balades à pied dans le maquis et les odeurs de soufre de "mon" île-volcan, Nisyros, me sont indispensables pour refaire mes énergies. La littérature, la musique et les voix (en vrac: Haendel, Bellini et le rébétiko, Callas, Fairouz ou Gréco, Glück et Offenbach, Lully et Gounod, Rossini, le Nocturne de Schubert et Hadjidakis…) font partie de ma vie. Certains sujets politiques me passionnent et me donnent l’occasion d’être, avec un plaisir immense, d’une parfaite mauvaise foi.
Et puis enfin je crois dur comme fer, contrairement à Paul, qu’il vaut mieux philosopher que chanter les louanges de quelque dieu unique que ce soit; qu’il y a plus de sagesse dans un chant de l’Odyssée, une tragédie d’Eschyle, quelques sentences d’Héraclite ou de Nietzsche que dans l’Ancien, le Nouveau Testament et le Coran réunis; et qu’Hermès, le vrai héros de ma Quatrième Révélation, le dieu double par excellence, celui de la parole et de la ruse, du commerce et du vol, du mensonge et des savoirs cachés, celui qui accompagne les morts aux enfers et aide les vivants par ses coups de chance, a beaucoup à nous dire sur l’homme et le monde d’aujourd’hui – beaucoup plus qu’un Christ en croix.

Lancelot: De la part des lecteurs de Murmures, merci de nous avoir consacré de votre précieux temps pour notre interview. En vous souhaitant beaucoup de succès littéraires pour 2006.

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jeudi, février 23, 2006

La quatrieme revelation d'Olivier Delorme



FICHE
Titre: La quatrième révélation
Auteur: Olivier Delorme
Catégorie: Roman
Editeur: H&O
ISBN: 2-84547-100-9



Durant une convalescence, Julien est tombé par hasard sur des écrits phalliques, dont le décryptage pour lui n'est qu'un jeu. Ce n'est qu'au moment de vouloir publier les résultats de sa recherche qu'une secte, le Primum Agmen Christi, lui met les bâtons dans les roues.

Parallèlement, ses anciennes affaires politico-financières, du temps où il était juge, lui reprennent le dessus: une personnalité politique importante cherche à s'approprier d'un DVD compromettant.

Quel est donc le dénominateur commun entre ces deux affaires apparemment sans lien ?

Dans ce roman, l'ésotérisme, la cryptologie, les sectes et les secrets du Vatican sont d'actualité, comme la tendance actuelle chez les romanciers que de s'inspirer de tels thèmes. Olivier Delorme n'échappe pas à cette règle, sauf qu'il y rajoute encore une histoire d'amour gay pour corser le tout. Les extraits d'écritures phalliques avec ses tables de déchiffrage donnent un semblant de véridicité au récit. On va de révélation en révélation …

Par contre trop de narrations, pas assez d'actions, surtout vers le début.


BIOGRAPHIE

Olivier Delorme Olivier Delorme est né en 1958 ; historien de formation, il abandonne la recherche après la publication de son premier roman "Les Ombres du levant", en 1996.

BIBLIOGRAPHIE
- Les Ombres du levant (Critérion 1996)
- Le Plongeon (H&O 2002)
- Le Château du silence (H&O 2003)
- La quatrième révélation (H&O 2005)

A lire aussi l'interview de cet auteur à l'occasion de la publication de ce roman.

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jeudi, décembre 29, 2005

Le huit de Katherine Neville



FICHE
Titre: Le huit
Auteur: Katherine Neville
Catégorie: Roman
Editeur: Pocket 11876
ISBN: 2-266-13125-7



Un roman, deux récits. L'un se déroule vers les années soixante dix. L'autre durant la révolution française. Deux récits qu'on parcoure successivement de l'un à l'autre en retenant son souffle.

1790: une novice, Mireille, se lance dans l'aventure la plus fantastique de sa vie pour mener à bien une mission confiée par son abbesse.

1972: un tournoi d'échecs qui finit de façon morbide. Des personnes qui disparaissent mystérieusement. Puis des avertissements lancés à Catherine, notre deuxième héroïne.

En toile de fond de ces deux aventures: un échiquier qui remonte depuis l'époque des Maures, en passant par Charlemagne, Richelieu et Robespierre pour enfin réapparaître au 20ème siècle. Un échiquier qui, paraît-il, confère à son détenteur la puissance et le pouvoir, mais aussi les malédictions si celui-ci ne sait pas s'en servir à bon escient. Difficile de s'imaginer qu'un échiquier puisse ainsi ensorceler des esprits.

Une intrigue ayant pour cadre une partie d'échecs qui se joue pour de vrai dans la vie. Quels rôles Mireille et Catherine jouent-elles dans cette partie ?

Envoûtant. Vers le dernier tiers de la fin, je n'ai pu m'arrêter tellement les actions s'enchaînent les unes après les autres sans fin. Entraîné dans ce tourbillon d'événements et d'informations, il ne nous est pas aisé d'entrevoir une possible issue.

A travers les échecs, le lecteur est plongé dans un imbroglio de symbiologie, mathématiques, sémantique arrosé d'une sauce composée de notes musicales. Déjà, en 1988, Katherine Neville a lancé la mode actuelle des romans fictions à base de cryptologie, ésotérisme et autres.

Cette auteure s'est en plus donnée la peine d'approfondir les aspects historiques pour corser l'histoire, sans rentrer dans les détails rébarbatifs qui n'intéressent que peu les amateurs de suspense.

Avis aux amateurs d'échecs, de cryptographie et d'ésotérisme: à lire absolument !

Notation: 9/10. Lecture pendant les trajets Europe - Texas.


BIOGRAPHIE

Katherine Neville est née à St. Louis le 4 avril 1945. Si vous lisez "Le huit", vous comprendrez aisément l'importance de cette date. Elle a mené de front des carrières de mannequin, de photographe et de consultante internationale en informatique. Vice-présidente durant dix ans de la Bank of America de San Francisco, elle vit aujourd’hui en Virginie et se consacre à l''écriture.

BIBLIOGRAPHIE
- Le huit (2002)
- Le cercle magique (2003)
- Un risque calculé (2004)

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jeudi, octobre 27, 2005

Reve de neige de Rosalind Laker


FICHE
Titre: Rêve de neige
Auteur: Rosalind Laker
Catégorie: Roman
Editeur: Presses de la Cité
Nombre de pages: 370
ISBN: 2-258-06258-6


Grâce à l'extravagance d'une tsarine dont la vanité colossale ne saurait tolérer qu'aucune femme la surpasse en élégance, une modéliste et brodeuse d'exception parisienne part en Russie.

C'est l'occasion pour Marguerite, notre héroïne, de sortir de son train train quotidien. Ainsi amène-t-elle dans son périple une équipe de brodeuses triée sur le volet.

Dans cette aventure Marguerite ne s'est jamais doutée que son existence est à jamais changé. N'étant pas remise de la mort tragique de son fiancé, Marguerite se montre ambiguë face aux avances de ses aspirants.

Qui remportera le cœur de la couturière ? Entre les intrigues, les secrets du palais et la vie sentimentale de l'équipe des couturières, le lecteur n'aura pas le temps de s'ennuyer.

La première partie du roman est plutôt monotone. Les dernières pages s'annoncent par contre riches en événements.

Assez plaisant comme lecture.

Article rédigé pour le magasine Murmures.

Ma notation: 5/10

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mardi, octobre 18, 2005

Le dernier jure de John Grisham



FICHE
Titre: Le dernier juré
Auteur: John Grisham
Catégorie: Roman
Editeur: Robert Laffont
Nombre de pages: 398
ISBN: 2-221-10056-5




On vivait tranquillement dans le Comté de Ford. Sa gazette locale, le Times, ne relate que des banalités sans grand intérêt pour le public.

Jusqu'au jour où Rhoda Kassellaw, veuve à l'âge de 28 ans, a été violée puis sauvagement assassinée. Malgré sa discrète beauté, Rhoda est restée une veuve modèle en se consacrant à l'éducation de ses deux jeunes enfants.

Danny Pagitt, le meurtrier, a été condamné à perpétuité. Lors de son procès, celui-ci a juré devant la Cour qu'il aura la peau de tous les jurés en cas de condamnation.

Neuf ans après, Danny obtient une libération conditionnelle.

L'histoire va-t-il prendre une mauvaise tournure ou aurions nous une fin heureuse ?

Parallèlement à l'aspect thriller, et à travers le portrait d'une femme noire dont la moralité est irréprochable, l'auteur nous fait découvrir la période de la déségrégation raciale dans le Mississippi.

C'est un Grisham que j'ai le moins aimé. De plus, la deuxième partie du roman est ennuyeuse. Par contre, en ce qui concerne le côté procédurier de la justice états-unienne, Grisham reste égal à lui-même.

Article rédigé pour le site Web du magasine Murmures.

Ma notation: 4/10

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dimanche, octobre 16, 2005

La joueuse de go de Shan Sa


FICHE
Titre: La joueuse de go
Auteur: Shan Sa
Catégorie: Roman
Editeur: Folio
Nombre de pages: 326
ISBN: 2-07-042419-7

La scène: Mandchourie, décembre 1931, en pleine guerre contre les envahisseurs japonais.
Dans des conditions climatiques extrêmes, et la sévérité de l'hiver de la Chine du Nord, la guerre fait rage. Des vies tombent, mais le jeu des uns et des autres continue, imperturbable. Celui de la vie. Un jeu de cache cache entre les deux camps.
En arrière fond l'insurrection contre l'occupation japonaise, les atrocités commises par les soldats japonais, les scènes de tortures atroces.

Elle: écolière chinoise de 16 ans passionnée du go. Adolescente en quête d'identité, et joueuse exceptionnelle, le go est au centre de son microcosme.

Lui: officier japonais originaire de Tokyo, affecté en Mandchourie. Son histoire est assez originale. Entraîné dans la guerre par la force du destin, il joue son rôle de soldat malgré lui, avec ses faiblesses et ses nombreuses hantises.

Entre en scène le jeu de l'amour et de la guerre. Celui des amants et des patriotes. Les protagonistes prenant partie pour leurs causes respectives et s'affrontent. Une histoire d'amour ambiguë et cruelle. Seul dénominateur commun: leur passion pour le go. Ce jeu est là pour les détendre et leur faire oublier les vicissitudes de la dure réalité.

Le lecteur est invité tour à tour à se mettre dans la peau d'un personnage puis de l'autre. Il découvre ainsi la stratégie de l'un et de l'autre et les impitoyables calculs qui se déroulent dans leur tête. A certains endroits, les deux récits se croisent.

Il n'y a pas que l'affrontement militaire. Il y a aussi celui des joueurs de go, des amants. De toutes ces parties qui se déroulent en parallèle, qui va remporter la victoire ? Ou bien joue-t-on à qui gagne perd ?

Touchant.

Lecture facile. Se parcours très rapidement. Nous ne serez pas déçu.

Ma notation: 9/10

Shan Sa
Née à Pékin le 26.10.72, Shan Sa fut d’abord poète de langue chinoise. Elle obtient le premier prix du concours national de poésie des enfants à 12 ans.

"Après l’événement Tian An Men, j’ai choisi de renaître en France." En août 1990, elle quitte donc Pékin pour Paris grâce à une bourse du gouvernement français. Elle s’y installe et adopte la langue française.

En 1992, elle obtient le bac français. En 1994, elle termine ses études de philosophie. "Je sais que chaque roman est une marche jetée dans cette infinie élévation vers la perfection d’une langue."

De 1994 à 1996, elle est secrétaire du peintre Balthus. Setsuko, la femme de Balthus, l'initie à la civilisation japonaise. "Tout lettré chinois doit savoir pratiquer la cithare, le go et faire de la calligraphie, donc de la peinture. À ces trois disciplines, j’ai ajouté l’art de l’épée."

Bibliographie de Shan Sa
• Porte de la paix céleste. Éd. Du Rocher, 1997 / Folio, 2000: bourse Goncourt du Premier roman, prix de la Vocation et prix du Nouvel An chinois (1998). Traduit dans de nombreux pays.
• Les Quatre vies du saule. Éd. Grasset 1999 / Folio, 2001: Prix Cazes 1999
• Le Vent vif et le glaive rapide. Éd.William Blake & Co, 2000.
• La Joueuse de go. Éd. Grasset, 2001 / Folio, 2003.
• Le Miroir du calligraphe. Éd. 2002. (peintures et poèmes)
• Impératrice. Éd. Albin Michel, 2003 / Livre de poche, 2004.

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