mardi, juillet 08, 2008

Le dernier match de John Grisham



FICHE
Titre: Le dernier match
Auteur: John Grisham
Catégorie: Roman
Editeur: Pocket
Nombre de pages: 203
ISBN: 978-2-266-17277-6



Neely Crenshaw, est revenu à Messina dès qu'il a su que son entraîneur Eddie Rake va mourir, tout comme les anciens joueurs de l'équipe de foot du lycée de Messina. Neely, le numéro 19, a été l'un des meilleurs. Une blessure au genou l'empêchait de devenir un grand joueur professionnel.

Le compte à rebours mortuaire commence et c'est l'occasion à cette communauté de Spartiates de se retrouver, de revivre les glorieux comme les sombres moments de l'histoire de leur équipe.

Au fur et à mesure que les personnages apparaissent, les scènes du passé surgissent les unes après les autres, avec les émotions. Des scènes vécues, revécues et re-revécues par ceux qui l'ont connues. Les langues se délient, chacun cherche à se réconcilier avec son passé.

Les conversations tournent surtout autour d'Eddie, cet entraineur au fort charisme qui voue sa vie entièrement au foot. A travers ses méthodes contestables certains l'adorent et d'autres le détestent. Qui est-il donc vraiment Eddie Rake pour susciter tant de débats ?

Un court roman rempli d'humanité, pour changer des thrillers habituels de John Grisham, surtout la cérémonie de célébration à la mémoire du défunt, narrée de façon sublime.

Pour le compte du Magazine Murmures.

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dimanche, mai 11, 2008

La decroissance pour tous de Nicolas Ridoux



FICHE
Titre: La décroissance pour tous
Auteur: Nicolas Ridoux
Catégorie: Ecologie
Editeur: Parangon / Vs
Nombre de pages: 157
ISBN: 978-2-84190-155-5




C'est en discutant de croissance zéro avec une amie que celle-ci m'avait glissée le titre de cet ouvrage. Je suis donc allé le commander chez mon libraire. La lecture est si passionnée que je l'ai lu d'un trait, surtout que c'est un petit fascicule de 157 pages.

Que d'idées nouvelles, que de notions révolutionnaires, telle une douche froide pour réveiller la conscience collective occultée par l'égocentrisme absolu.

On parle de croissance zéro. Dans cet ouvrage il s'agit de décroissance. Comment est ce possible ? Avant de nous donner sa solution, l'auteur nous explique ce qu'est la décroissance selon son point de vue qualitatif et quantitatif, c'est à dire qui prend aussi bien la notion de production, de répartition des richesses naturelles que de valeurs humanistes.

Ainsi, selon sa théorie de l'empreinte écologique (= surface du sol nécessaire pour soutenir un mode de vie donné), avec notre mode de vie actuelle, nous consommons 3 planètes !

Comme les ressources naturelles terrestres ne sont pas illimitées, et que 20% de la population mondiale (=NOUS) consomment et s'approprient 80% des ressources naturelles de la planète, c'est pourquoi il y a la famine dans le monde.

Au lieu de nous occuper de notre bien être, nous consacrons tous notre temps à travailler, pour pouvoir acheter encore plus. Plus nous achetons et plus nous travaillons pour rembourser nos dettes. L'auteur nous propose de casser ce cercle vicieux en travaillant moins et aussi en consommant raisonnablement, ce qui permet de ne pas polluer notre environnement physique et mental.

Enfin je vous laisse découvrir ce bouquin. Même si vous ne partagez pas le point de vue de l'auteur, au moins vous allez vous-même pouvoir forger votre propre opinion sur l'écologie.

Publié dans le Magazine Murmures.

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mardi, mars 18, 2008

L'or d'Alexandre d'Oliver Delorme



FICHE
Titre: L'Or d'Alexandre
Auteur: Olivier Delorme
Catégorie: Thriller
Editeur: H&O
Nombre de pages: 441
ISBN: 978-2-84547-163-4


Après la parution de la "Quatrième révélation", le petit nouveau tant attendu est enfin sorti. Il s'intitule "L'or d'Alexandre", un roman dont le thème est basé sur un fait divers avec pour arrière plan la Grèce antique. Rien de surprenant vu que l'auteur lui-même est hédoniste et historien de surcroît.

Dans cet ouvrage OD cherche à captiver l'attention du lecteur à travers un dédale de manigances et de mystères tout en donnant à son récit une authenticité aussi proche que possible de la réalité. Mission réussie ? A vous de juger.

Je vous propose ci-après une interview de l'auteur au sujet de la genèse de cet ouvrage qui est fort intéressante.


1. Dans quelles circonstances avez vous écrit l'Or d'Alexandre ? Pourquoi ce sujet ? Qu'est ce qui vous l'a inspiré ?

OD:

Ce livre a une triple origine: une rencontre, un fait divers et une vieille histoire.

La rencontre s'est déroulée à la FNAC de Reims où j'étais invité par l'association Ex Aequo, pour la présentation de mon deuxième roman Le Plongeon (qui vient de ressortir en poche H&O) publié en 2002. Il y avait dans l'assistance un lecteur en fauteuil roulant qui a semblé extrêmement étonné, après la fin du forum, que je trouve le temps de parler avec lui, que je m'accroupisse pour mieux l'entendre en raison du brouhaha ambiant. J'ai compris plus tard qu'il était si souvent victime de discriminations de la part des "valides", qu'il avait redouté de ma part soit une fin de non-recevoir, soit quelques mots de compassion et une esquive.

Et j'ai réalisé alors que mon comportement, qui était pour moi le plus naturel du monde - échanger avec un lecteur -, lui avait semblé, à lui, exceptionnel.

Puis Michel Robert, à qui est dédié ce livre, est devenu un ami. Et plus je le connaissais plus je prenais conscience de ce que sa condition de tétraplégique et d'homosexuel impliquait, des obstacles quotidiens qu'il rencontrait, aussi bien matériels que dus au regard des autres, à leur indifférence, voire à leur hostilité. Aussi, petit à petit, la nécessité s'est-elle imposée à moi qui, dans chacun de mes livres, ai toujours voulu, à l'image de Voltaire, "écrire pour agir", de créer un personnage handicapé qui montre, à travers une histoire policière, un suspense que j'espère haletant, un regard ironique sur notre monde politique, tout ce que ma rencontre avec Michel m'a appris, ce que je ne voyais pas auparavant et dont j'ai pris conscience depuis.

La deuxième source de ce livre est un fait divers auquel je me suis intéressé ces dernières années. Il s'agit de l'arrestation et du jugement d'un conservateur en chef de Bibliothèque nationale de France, chargé des manuscrits hébraïques, et qu'on a condamné parce qu'il aurait lui-même volé et vendu certains des manuscrits dont il avait la charge. Au fur et à mesure que je lisais ce qui paraissait sur cette affaire, j'ai eu l'intime conviction que cet homme était innocent. Je ne sais si cela est vrai, mais ce que je sais, après cette affaire comme après celle d'Outreau, c'est qu'on a la fâcheuse tendance, au soi-disant pays des Droits de l'homme, à emprisonner, souvent dans des conditions honteuses, avant d'avoir jugé et de condamner de plus en plus facilement, sans preuves matérielles, à des peines de plus en plus lourdes. Bref, je crois que la procédure judiciaire que nous semblons incapables de réformer, jointe au système de la détention provisoire plus ou moins généralisé, à la condamnation en vertu d'une intime conviction, à l'état scandaleux de nos prisons et à un pouvoir de plus en plus autoritaire et de plus en plus démagogique qui voit dans des lois de plus en plus répressives la solution à tous ses échecs, sont un véritable cancer d'une démocratie française très malade et qui prend chaque jour plus de retard sur les pays qui nous entourent que ce soit en matière de droits des homosexuels, dans le refus pathologique de notre Nomenklatura politique de légaliser la fumette, comme partout en Europe, ou de reconnaître aux individus le droit de mourir dignement quand ils le décident.

Une des deux intrigues qui s'entremêlent dans L'Or d'Alexandre tourne donc autour de l'accusation portée contre une conservatrice du Louvre d'être le cerveau d'un trafic de tableaux (le trafic d'œuvres d'art rapporte autant, aujourd'hui, au crime organisé que le trafic d'armes ou celui de la drogue) prêtés par le Louvre pour des expositions à l'étranger et dont a découvert que certains avaient réintégré les réserves sous la forme de faux.

Quant à la vieille histoire, elle est racontée par de nombreux historiens de l'Antiquité. En 279 avant notre ère, des Gaulois commandés par Brennus déferlent sur la Grèce. Ils sont repoussés du sanctuaire de Delphes, mais réussissent à s'emparer d'une partie de ses richesses. Les dieux maudissent alors ce butin qui porte malheur à quiconque le touche, les Gaulois le rapportent néanmoins jusqu'à Toulouse, où les Romains le volent à leur tour en 106... Il disparaît pendant son transfert à Rome et moi, j'imagine dans mon roman qu'il réapparaît de nos jours et est acheté par le Louvre. C'est à cause de cet Or offert par Alexandre le Grand à l'Athéna de Delphes que plusieurs meurtres étranges seront commis. Je n'en dirai pas plus, mais cette deuxième intrigue qui s'imbrique à la première me permet aussi de parler de l'actuelle dérive commerciale de musées pour lesquels produire des ressources propres, valoriser leur fonds comme d'autres des actifs financiers, bref faire du fric, devient bien plus important que d'assumer les missions que leur assignait la politique culturelle... au temps où la France en avait une !


2. Quelles étaient les difficultés rencontrées durant sa rédaction et comment avez vous fait pour surmonter ces obstacles ?

OD:
Il y a eu quelques difficultés techniques, concernant les problèmes de faux et d'authenticité des objets d'art que j'évoque, mais ayant travaillé au Louvre il y a quelques années, j'ai recouru à l'aide et à l'expertise d'amis qui travaillent dans le milieu de la peinture et au Centre de recherche et de restauration des musées de France. Je les ai interrogés avant pour savoir si l'histoire que j'avais bâtie tenait la route, puis je leur ai fait lire mon manuscrit et l'ai corrigé en fonction de leurs remarques.

Pour le reste, les difficultés sont celles que rencontre tout romancier pour construire et conduire une intrigue. En ce qui me concerne, je ne me mets à écrire qu'en sachant comment commence mon histoire, comment elle finit et quelle va être sa structure. Cette fois, l'évidence s'était imposée à moi, qu'elle devait être racontée par deux voix différentes, celles de mes deux "héros". Mais au fil de l'écriture, les personnages qu'on a construits acquièrent une telle densité, une telle logique interne, qu'ils refusent parfois de faire ou de dire, ce qu'on avait prévu qu'ils fassent ou disent ; il faut donc s'adapter à eux pour aboutir là où l'on veut arriver. Et puis il y a le travail de documentation: j'évoque dans L'Or d'Alexandre la spoliation des collections juives par les nazis pendant la dernière guerre mondiale, le régime oustachi en Croatie, le rôle du Vatican dans l'évasion des criminels de guerre ou les turpitudes financières de la papauté... tout cela, naturellement, a nécessité un travail méticuleux, mais de formation , je suis historien: j'aime cela !

En fait, la principale difficulté a consisté à faire de mon personnage handicapé un vrai personnage. Je ne voulais surtout pas être dans le registre de la compassion. Je voulais créer un personnage de chair et de sang, contradictoire, avec de l'humour et de la mauvaise foi, amoureux et rempli de doutes, parfois furieux contre son corps, le destin, les autres - avec raison ou injustement. Je voulais en faire à la fois un personnage profondément humain et "moteur" de mon roman. Je ne voulais pas en faire une copie de Michel Robert - ce qu'il n'est pas -, mais j'avais besoin de Michel pour le rendre crédible, pour donner des détails vrais, parfois crus (qui peuvent être violents ou choquants pour tel ou tel) de sa vie. Et Michel a accepté de répondre à toutes mes questions, les plus ingénues comme les plus intimes, les plus indiscrètes. Chaque fois que je me trouvais dans une situation qui me posait problème, je décrochais mon téléphone. Chaque fois il a répondu avec la plus grande sincérité ; jamais il ne s'est dérobé. Puis je lui ai donné mon manuscrit à lire. Jamais je n'ai été aussi angoissé dans l'attente d'un retour de lecture: j'avais perdu deux ans et demi de travail s'il me disait que mon personnage était raté. Il ne me l'a pas dit et, comme je l'ai écrit dans ma dédicace, sans son amitié, son courage et sa confiance, mon Or d'Alexandre n'existerait pas.

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lundi, août 06, 2007

Entretien avec Francois Tourane sur son dernier ouvrage "Vietnam Memoires Vives"

Sur la photo de droite: François Tourane devant un restaurant viêtnamien de Genève.

Suite à mon billet sur "Vietnam Mémoires vives" (en abrégé dans le texte: VMV), François Tourane (en abrégé dans le texte: FT) m'a accordé un entretien. Interview réalisé pour le compte de Murmures Magazine.


Vous en aviez vaguement parlé dans VMV, mais pour les lecteurs de Murmures, pourriez-vous nous en dire davantage sur les raisons profondes qui vous ont poussé vers le Viêt-Nam ?

FT: C'est un pays qui dans l'imaginaire collectif des français représentent des tas de choses. D'abord la période coloniale, c'est un pays qui a été sous les feux de l'actualité quasiment pendant un siècle. On a des images, à la fois tragiques, principalement le fait des deux guerres, et des images d'Epinal qui sont d'un pays avec une douceur de vie, un climat agréable, des belles lumières, une cuisine excellente.

Dans mon imaginaire personnel j'ai eu un certain nombre de contacts avec des viêtnamiens, que ce soit familiaux ou amicaux qui ont fait que depuis longtemps je suis attiré par ce pays.

Ensuite je suis parti en Asie au début des années 90 pas spécialement vers le Viêt-Nam mais vers l'Asie pour réaliser une série de reportages. Cette expédition a été racontée au début de VMV. C'est un continent qui m'a fasciné, ce qui fait que j'y suis retourné pour vivre, en 93. Je suis d'abord installé au Cambodge. Depuis le Cambodge il était facile d'aller au Viêt-Nam, et j'y suis resté un an, en 95. C'est là où j'ai découvert le vrai Viêt-Nam.


C'est étonnant la mine de renseignements regorgée dans VMV. Comment avez-vous fait vous pour connaître autant de monde et d'informations au Viêt-Nam ?

FT: Déjà je dispose à la maison d'environ 70 livres sur le Viêt-Nam, ça aide un peu à documenter, et puis mon métier de journaliste me fait connaître pas mal de monde sur place, mon épouse et ma belle famille viêtnamienne aussi.

C'est vrai que c'est un pays où il est facile de rencontrer beaucoup de monde, où, si on sort des circuits touristiques, les gens sont très accueillants, toujours prêts à raconter leurs vies, ne se ferment pas quand on leur pose des questions. J'ai observé que chaque viêtnamien a une histoire particulière, fabuleuse et tragique à la fois, à raconter.

On peut revisiter par exemple ce petit paragraphe dans le livre concernant ce serveur que je rencontre dans un bar à Saigon, qui parle quelques mots de thaï. Par intimité, puisqu'on parle la même langue, je lui ai demandé pourquoi il parlait thaïlandais. Il se trouve que ce gars était l'un des derniers boat people. Il est parti dans les années 90 alors que la politique de Doi Moi avait déjà commencé. Il est arrivé en Indonésie. Après quelques années dans des camps de réfugiés il a travaillé pour des croisières où il y a beaucoup de thaïlandais, et il a commencé à parler thaïlandais.

Même un petit serveur dans un restaurant de Saigon peut avoir une histoire personnelle fabuleuse. Je n'ai pas eu à me forcer pour rencontrer des gens qui ont une histoire à raconter.


Quelles sont les raisons qui vous avaient poussées à vivre ainsi hors de France ? Maintenant que vous êtes à nouveau de retour, pourquoi cet aller-retour ?

FT: Ce qui m'a fait quitter la France dans les années 90 c'est l'envie de faire mon métier de journaliste de façon différente, l'envie de découvrir des pays et notamment une région du monde, l'Asie de Sud-Est, qui est depuis 15 ans en plein développement. C'est aussi l'idée de voir l'Europe de l'extérieur, ce qui permet de relativiser tous les problèmes qu'on a eu ici. Quand on vit, par exemple, dans un pays comme le Cambodge, on se rend compte que tous les problèmes qu'on connaît en Europe sont légers par rapport aux souffrances des cambodgiens.

Le Cambodge a été mon premier pays d'accueil, j'ai beaucoup aimé, j'aime toujours d'ailleurs. Le Viêt-Nam par contre c'est une connexion pas seulement familiale mais c'est un pays où les relations de cœur sont plus importantes que les relations familiales.

Dans VMV, vous utilisez des termes comme "système capitalo-communiste" ou "pays totalitaire communiste" pour désigner le gouvernement viêtnamien, ne craignez-vous pas des représailles à votre encontre ou à celle de votre belle famille ?

FT: Il faut distinguer effectivement le régime politique du peuple viêtnamien. Ce n'est pas la même chose. Le régime politique est assez féroce vis à vis des dissidents, notamment des dissidents politiques, des dissidents journalistes, qu'on appelle des cyberdissidents. C'est assez triste de voir ce qui leur arrive. Le pays est aujourd'hui dans une phase de développement telle que le gouvernement n'a pas besoin de réprimer ces gens pour se maintenir en place. Mais ils le font quand même, c'est ça qui est assez triste. Parce que ce sont des communistes, parce que c'est leur système de pensée qui n'admet pas qu'on puisse penser autrement et dire des choses qui ne sont pas en accord avec la doctrine du parti. C'est un peu dommage.

Ce sont des gens qui sont très fermés malgré l'aspect d'ouverture qu'ils veulent se donner. Pour avoir discuté avec des députés viêtnamiens ou des députés chinois, les députés viêtnamiens restent encore beaucoup plus obtus, beaucoup plus fermés que ce qu'on peut avoir au niveau des chinois, pourtant ces derniers sont encore communistes.

Des représailles contre moi, je m'en fiche un peu, des représailles contre ma belle famille je ne pense pas qu'ils aillent jusque là, parce que ce n'est pas la Corée du Nord. Et puis s'il y a des représailles ou s'ils interdisent le livre ce sera de la publicité. C'est aussi pour ça que j'ai écrit sous pseudonyme. François Tourane est le pseudonyme que j'ai utilisé pour écrire dans Le Point et je l'ai gardé pour avoir une certaine protection.

Les viêtnamiens représentent un peuple qui a de tous les temps lutté pour son indépendance. Comment, se fait-il, selon votre avis d'observateur européen, qu'ils ne se soient pas soulevés en masse contre ce régime totalitaire communiste ?

FT: Je pense que, et c'est une explication occidentale, car je ne suis pas un expert politique, pendant toute cette période d'après guerre le pays est dans un tel état que personne ne voulait plus se révolter. Et puis il y a eu cette attente 10 ou 15 ans après 1975 où on ne savait pas à quoi s'en tenir parce que le régime politique était encore très fort. Ensuite dans les années 90 les communistes se sont tellement améliorés que le gouvernement communiste a profité de cette maxime des romains "Donnez leur du pain et des jeux et tout ira bien.". Aujourd'hui, un jeune viêtnamien, s'il a la possibilité de faire des études, d'avoir la télévision à la maison avec le câble, l'ordinateur avec Internet et sa moto, il ne va pas aller faire la révolution. De nos jours il y a tellement d'améliorations visibles par rapport à la situation précédente qu'il n'y a pas de raisons de se révolter.

S'il y a quelque chose à rajouter pour les lectrices et lecteurs de Murmures, que leur auriez vous dit ?

FT: Je leur dirai d'aller au Viêt-Nam d'abord. C'est un pays où l'on découvre des tas de choses à tous les coins de rue. Et je leur dirai d'aller en voyageur indépendant, de se trouver des endroits sur la carte au hasard, d'aller les voir, d'aller dans des villages, sans guide forcément. On est toujours bien accueilli. C'est ça le vrai Viêt-Nam, le Viêt-Nam de la campagne.

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dimanche, juin 03, 2007

Vietnam, Memoires vives de Francois Tourane



FICHE
Titre: Vietnam, Mémoires vives
Auteur: Francois Tourane
Catégorie: Voyage
Editeur: Convergences
Nombre de pages: 264
ISBN: 978-2-84070-578-9




Parcours initiatique d'un français profondément attaché au Viêt-Nam, pour diverses raisons: d'abord par sa marraine, une métis viêtnamienne mais aussi par la diversité des personnages qu'il y a croisé et avec lesquels il entretient une intense amitié.

A part ce contexte émotionnel, l'auteur nous invite à découvrir le Viêt-Nam à travers ses pérégrinations: les viêtnamiens, leur culture, la réalité de leur vie quotidienne.

Par ce reportage, c'est également un témoignage sincère et émouvant d'un observateur étranger qui s'offre aux lecteurs.

Vous y découvrirez en autres des points de visite intéressants.

Ouvrage plus intéressant qu'un guide de voyage qui s'offre aux touristes.


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lundi, mai 28, 2007

Les 12 animaux totems de l'astrologie chamanique par Lucy Harmer



FICHE
Titre: Les 12 animaux totems de l'astrologie chamanique
Auteur: Lucy Harmer
Catégorie: Guide pratique
Editeur: Jouvence
Nombre de pages: 288
ISBN: 978-2-88353-574-9




Après une brève explication sur l'astrologie chamanique, l'auteure nous donne une classification selon cette astrologie des animaux correspondant à notre date et lieu de naissance, qui nous permet de savoir, selon chaque animal, des renseignements sur notre personnalité en général, puis sur la carrière, l'argent, la santé et l'amour.

Entre autres, nous avons des indications concernant la compatibilité d'un animal avec les autres.

Ouvrage intéressant et très complet que j'ai testé auprès de mes amis qui ont tous été impressionnés par la véridicité des informations.

Livre qu'on peut emmener en vacances ou s'en servir pour mieux connaitre la personnalité des membres de son entourage, que ce soit le bureau, la famille ou les amis. Lancelot pour le compte du Magazine Murmures.




BIOGRAPHIE

Lucy Harmer est maître de reïki. Après sa licence universitaire en philosophie, politique et économie a l'université d'East Anglia en Angleterre. Elle a sillonné le monde pendant près de trois ans. Elle a vécu à Singapour et à Bali où elle a étudié le Feng Shui, ainsi que les cérémonies de purification de l'espace, qu'elle pratique activement depuis dix ans.

Elle donne des consultations et anime des ateliers de feng Shui et de purification de l'espace, ainsi que des séminaires sur le dévelopement de la créativité, le reïki et le voyage chamanique.

BIBLIOGRAPHIE

- LA PURIFICATION DE L'ESPACE
- APPRIVOISEZ VOTRE ANIMAL TOTEM
- LES 12 ANIMAUX TOTEMS DE L'ASTROLOGIE CHAMANIQUE

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samedi, mai 20, 2006

Le Zahir de Paulo Coelho


FICHE
Titre: Le Zahir
Auteur: Paulo Coelho
Catégorie: Roman
Editeur: J'ai lu
ISBN: 2-290-35313-2





Une femme, Esther, disparaît dans des circonstances mystérieuses. Son mari veut avoir le cœur net et part à sa recherche. Mais la quête de sa bien-aimée, s'est vite transformée en parcours initiatique nous mène à travers divers traités comme le sens de notre existence, la vie de couple, le sexe, la réalité de la guerre etc … etc …

Lui, qui a tant lutté pour la liberté, pour son indépendance, et pour qui ces valeurs sont ce qu'il y a de plus cher dans le monde, ce chemin lui fait découvrir que la liberté n'est pas l'absence d'engagement mais qu'une sensation. Qu'un rêve prend fin, que la stabilité s'accompagne d'un profond ennui, et que le bonheur est entâché d'impermanence. Il a alors choisi d'affronter le risque de voir ses rêves mal tourner plutôt que d'y penser sans arrêt.

A certains moments le lecteur a l'impression que l'auteur raconte sa propre vie,

Lecture philosophique, du même style que l'Alchimiste mais en plus édulcoré, ce livre de poche est à amener absolument avec vous en vacances, là où le temps à disposition vous permettra de mieux savourer la "substantifique moëlle".

Chronique réalisée pour le compte du Magazine Murmures.

Notation: 9/10.

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jeudi, mai 04, 2006

Cellulaire de Stephen King


FICHE
Titre: Cellulaire
Auteur: Stephen King
Catégorie: Thriller
Editeur: Albin Michel
ISBN: 2-226-17218-1


Vous voulez savoir plus sur ce thriller ? Détrompez.vous ! Sur la quatrième de couverture de la traduction française, seules deux phrases résument son contenu. Pourtant c'est suffisant.

Mais laissez moi quand même vous dévoiler un peu plus: dès les premières pages, l'auteur nous fait rentrer déjà dans le vif du sujet: des personnes comme vous et moi répondent à un appel sur leur portable, puis la vie devient pour eux un véritable supplice. Ils pètent tous un plomb, ils se suicident, provoquent des bagarres, tirent à tout vent ou brandissent des poignards.

Face à la recrudescence de ces actes de violences, les gens normaux se regroupent pour mieux se défendre.

C'est aussi le récit d'un type qui cherche à tout prix, dans ce chaos, à rejoindre sa femme et son gamin. Que sont-ils devenus ?

Histoire assez originale basée sur la technologie cybernétique. Malgré le suspense au bout du fil, ce polar traine en longueur.

Chronique réalisée pour le compte de Murmures.

Notation: 5/10.

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vendredi, avril 28, 2006

Parentines de Sandrine Bettinelli



FICHE
Titre: Parentines
Auteur: Sandrine Bettinelli
Catégorie: Littérature
Editeur: Bastet
ISBN: 2-915792-02-X


Parentines est un mot créé à partir d'enfantines, qui donne l'idée de petits poèmes simples pour enfants. Des poèmes d'une grande simplicité.

Tendrement Sandrine nous décrit ses sentiments durant les différentes périodes de la vie de son enfant: la grossesse, sa venue au monde, ses premiers pas, l'adoration pendant son sommeil puis son éducation. Des moments de soucis, des joies intenses, et des émotions sans fin.

Ces instants sublimes sont figés à jamais seulement que par quelques coups de plumes.

Recueil original sur l'expérience d'une mère, destiné aux enfants et aux parents, mais aussi aux personnes qui aimaient lire de la poésie autant que d'autres qui n'en avaient pas l'habitude. A découvrir absolument.

Ce recueil ne coûte que 5 EUR. Pour vous en procurer allez sur les deux sites suivants:

Le site de l'auteure (que certains d'entre nous connaissent personnellement): http://spaces.msn.com/members/isandre
Celui de son éditeur: http://www.bastet.fr.vu/

Article publié dans Murmures no 14.

Notation: 8/10.

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vendredi, février 24, 2006

Interview d'Olivier Delorme par Lancelot


Olivier Delorme (en abrégé dans le texte: OD) répond aux questions de Lancelot dans le cadre de la publication de son dernier roman, "La Quatrième Révélation". Cet interview a été réalisé pour le compte de Murmures Magazine no 13 JAN-FEV 2006.



Lancelot: Quelles sont les circonstances qui vous ont inspiré le scénario de La Quatrième Révélation ?

OD: La Quatrième Révélation est née d’une volonté et de deux hasards. La volonté, c’était, après un livre très sombre, très dur, Le Château du silence, construit autour de la tragédie des 1619 Chypriotes grecs disparus en 1974 et dont certains ont été détenus dans des conditions abominables, en Turquie, pendant plus de vingt ans, avant, sans doute, d’être assassinés, d’écrire un roman plus léger, avec suspense et humour, un polar où s’entremêleraient une intrigue décrivant les turpitudes politico-financières françaises de ces dernières années, et une autre sur les racines de l’homophobie obsessionnelle de l’Église catholique.

Le premier hasard, lui, fut la lecture dans la revue Nature, puis dans Pour la science, en janvier et septembre 1996, de deux articles sur le rongo-rongo, une écriture hiéroglyphique non déchiffrée de l’île de Pâques qui comportait des signes phalliques. Je me suis dit alors qu’il pourrait être drôle, dans un futur roman, un jour, de bâtir tout un système d’écriture, composé entièrement de signes phalliques et destiné à cacher un secret… J’ai rangé ces deux articles dans mes archives et laissé travailler l’idée dans un coin de ma tête jusqu’à ce qu’elle resurgisse lorsque j’ai commencé à écrire ce livre à l’automne 2003.

Quant au deuxième hasard, ce fut une conversation, à l’occasion d’une signature du Château du silence, avec un ami qui participait alors à la défense de la famille d’un jeune homme, lors du procès de ses meurtriers. Il s’agit de Patrick Olivier, dont on retrouvera le nom et certaines des circonstances de la mort dans La Quatrième Révélation, et dont mon ami me raconta comment il avait été insulté, humilié, abominablement torturé avant de mourir étouffé dans son sang. Récit terrifiant mais qui, pour moi, avait aussi une autre dimension: pourquoi donc, dans les crimes homophobes, quels qu’en soient le déclencheur ou le mobile, y a-t-il toujours déchaînement de violence, volonté de nier l’humanité de la victime, acharnement à la faire souffrir avant de la tuer ou de la laisser agoniser ? Et la seule réponse que j’ai pu trouver à cette question, c’est que cette violence-là était la conséquence et la manifestation incontrôlée, à l’état brut, de plus de deux mille ans de haine et de peur du judaïsme et du christianisme pour les relations homosexuelles. Une peur et une haine qui s’enracinent dans Le Lévitique de l’Ancien Testament, qui se transmettent, à travers saint Paul, au Nouveau Testament et aux Pères de l’Église, qui prennent une forme légale, dès le IVe siècle, lorsque l’empereur Théodose, dans la premier code législatif inspiré par le christianisme, se fonde sur Paul pour envoyer les sodomites au bûcher – supplice où la souffrance précède la mort. Une peur et une haine qu’on retrouve intactes dans les derniers textes du Vatican.

Lancelot: En toute confidence, ces manuscrits phalliques sur les actes de saint Paul et la confrérie Primum Agmen Christi sont-ils un produit de votre imagination ou la réalité ?

OD: Ils sont un pur produit de mon imagination. Je ne prétends pas révéler un secret caché de la chrétienté. Ce qui m’a intéressé, dans ce livre, c’est de me servir du mystère, du suspense, de l’humour, de l’ironie pour essayer de mettre en lumière combien l’homophobie (au sens étymologique de peur) est intimement liée au christianisme. Et sur ce sujet, il y a quelques faits incontestables. Dans la Grèce de l’Antiquité, les dieux, comme les héros où les simples mortels considéraient les relations sexuelles entre hommes comme une forme de sexualité parfaitement naturelle, normale, non exclusive du mariage et de la procréation. Il faudrait nuancer à l’infini, mais aucune condamnation morale ne pesait sur l’amour d’un homme pour un homme (et pas seulement, contrairement à ce qu’on continue à dire, contre toute évidence, d’un homme pour un adolescent) qui est même parfois donné comme la forme d’amour la plus noble, la plus gratuite, associée ici au courage, à la vertu, à l’avènement de la démocratie à Athènes, à la restauration de l’indépendance à Thèbes…

Or, c’est dans ce monde-là que prêche Paul – un Paul qui, par ailleurs, fait preuve de pragmatisme en défendant que, pour conquérir le monde gréco-romain, le christianisme auquel il est le premier à donner une cohérence dogmatique, la nouvelle religion doit abandonner nombre des vieilles obligations et condamnations juives. Paul n’a pas connu le Christ, mais il impose aux disciples du Christ le renoncement à la circoncision, aux interdits alimentaires… mais pas à la condamnation des relations sexuelles entre hommes. Au contraire, il renouvelle – et avec quelle violence ! ("Ceux-là méritent la mort", "le royaume des cieux leur est interdit") – la vieille condamnation du Lévitique.

Et c’est là qu’intervient mon manuscrit codé. Paul n’a-t-il pas dit lui-même que Satan lui avait planté une écharde dans la chair ? Les exégètes se sont perdus en conjectures durant deux millénaires: psoriasis, constipation chronique, impuissance ? je ne suis pas le premier à avoir avancé l’hypothèse que l’écharde en question tenait à l’attirance de Paul pour son sexe. Mon interprétation romanesque du personnage, à travers le récit, caché par le code phallique, d’un jeune Chypriote tombé amoureux de Paul et qui le suit durant des années, est cependant assez nouvelle car elle fait de Paul, non seulement un homosexuel pratiquant écartelé entre ses attirances et les interdits de sa religion, mais un homme qui prêche avec passion la haine de ce qu’il pratique avec constance, qui condamne en public ce à quoi il se livre en privé, qui méprise et maltraite ceux qu’il utilise pour assouvir des pulsions qu’il prétend réprouver. Un comportement qui, d’ailleurs, peut peut-être permettre d’en expliquer d’autres, aujourd’hui, ici ou là – dans l’Église ou le monde politique par exemple.

Quant au Primum Agmen Christi, l’Avant-Garde du Christ, il n’existe pas. Mais disons qu’il s’inspire d’assez près d’un mouvement ultra-réactionnaire et para-intégriste, à tendance sectaire, dont la naissance et le développement sont intimement liés au franquisme espagnol et aux dictatures sud-américaines, qui s’est fixé le but de reconquérir les élites, qui s’est acquis le surnom de Sainte Mafia, et qui exerce une influence déterminante dans le gouvernement de l’Église depuis le règne de Jean-Paul II, lequel a canonisé en un temps record son fondateur – à la spiritualité et à la pensée assez indigentes, mais homme d’influence et de pouvoir hors de pair.

Lancelot: Utilisez vous vos romans pour transmettre des idées ? Si oui, lesquelles ?

OD: Je n’aime pas lire la littérature nombriliste, introspective, l’autofiction. Je n’ai donc aucune envie d’en écrire. La littérature que j’aime est celle qui parle du monde dans lequel elle se fait. Dumas, dans Le Comte de Monte Cristo auquel la dernière partie de La Quatrième Révélation est un clin d’œil, peint avec férocité la société de la Restauration; Anatole France, dans L’Histoire contemporaine, dont le héros s’appelle Bergeret comme mon juge, met en scène la France de l’affaire Dreyfus; mon Bergeret se prénomme Julien, comme Sorel du Rouge et le Noir où Stendhal raconte en détail les méandres d’une sombre conjuration politique, dite du bord de l’eau. Quel meilleur livre sur la révolution de 1848 que L’Éducation sentimentale de Flaubert ? Je pourrais ajouter à la liste de mes auteurs préférés Voltaire, Hugo, Zola, Malraux, Durrell, Yourcenar, Stratis Tsirkas… Bref, ma tradition littéraire est celle-là: décrire le monde dans lequel on vit, se servir de l’Histoire pour parler du présent, en racontant une histoire, en créant des personnages de chair et de sang, qui aiment, qui pensent, qui croient, qui souffrent, qui agissent qui subissent. Il ne s’agit pas pour moi de faire une littérature démonstrative, engagée; mais mes personnages, ceux pour qui le lecteur ne peut ignorer que j’ai des faiblesses, témoignent de la lutte pour la liberté de penser et d’aimer, du refus de toutes les formes de totalitarisme – brutal ou insidieux – qu’a engendré la pensé monothéiste, de l’affirmation d’une irréductible dignité humaine face aux systèmes philosophiques, économiques ou religieux…

Je trouve que, confrontée à la littérature anglo-saxonne, la littérature française est aujourd’hui bien provinciale, fade, dénuée d’ambition, fermée à l’air du large, ignorante des réalités politiques et sociales. Je ne m’y résigne pas. Dans La Quatrième Révélation, j’ai mêlé à l’intrigue relative au manuscrit codé une autre bien contemporaine, qui met en scène le monde politique français, ses mœurs nomenklaturistes, un combat entre présidentiables, sans merci ni scrupules (quitte à éprouver souvent le sentiment, ces temps-ci, que ma fiction est dépassée par l’actualité), les mécanismes d’une corruption politique qui, après trente ans "d’affaires", n’a provoqué aucun renouvellement de la "classe" politique française, à peine quelques réformes (purement cosmétiques) ou quelques condamnations (purement symboliques), la démission ou le déplacement de plusieurs juges ou procureurs trop curieux ou trop peu serviles… mais aucun roman.

Lancelot: Vous êtes historien de formation. Quelles sont selon vous les motivations qui incitent un historien à écrire de tels romans ?

OD: Jusqu’à l’âge de trente ans, j’ai pensé à l’écriture en terme d’articles scientifiques à publier, de thèse à terminer, de biographie que j’entreprendrais peut-être ensuite. Jamais je n’avais pensé écrire un roman. Et puis, à un moment de ma vie où je liquidais enfin, vraiment, une histoire de passion amoureuse destructrice, douloureuse, j’ai éprouvé le besoin d’écrire une fiction… en la transposant dans l’espace et le temps. Et soudain je me suis aperçu que l’écriture romanesque me procurait à la fois une incroyable libération et un intense plaisir; qu’elle me devenait jour après jour plus indispensable, et qu’elle me donnait en outre la possibilité d’écrire sur l’histoire des choses dont j’étais certain mais que je ne n’aurais pu écrire dans un livre d’historien.

Depuis, grâce à mon compagnon, toute ma vie a pu se réorganiser en fonction et autour de l’écriture. Et moi, au fil des livres, je crois devenir de moins en moins historien et de plus en plus romancier.

Lancelot: Les Ombres du levant votre premier roman, puis Le Plongeon, ensuite Le Château du silence et enfin La Quatrième Révélation: dans chacun de ces romans se retrouve la Grèce et l'amour entre hommes. D'où vient cette passion que vous avez pour la Grèce et la culture hellénique ? Vous considérez-vous comme un romancier gay ?

OD: Le rapport avec la Grèce est assez mystérieux: mes premiers vrais souvenirs de lecture se rapportent aux Contes et légendes de la mythologie grecque et à ceux de l’histoire de la Grèce ancienne. À la même époque, nous allions en vacances, sous la tente et dans une 404 hors d’âge, en Italie du sud, la Grande Grèce: à 8 ou 10 ans, j’ai visité Paestum, Cûmes, Pompéi… J’ai voulu devenir archéologue, suivre des études classiques. À quinze ans, pour me récompenser d’avoir eu mon brevet, mes parents m’ont emmené pour la première fois en Grèce. J’ai pleuré à deux reprises durant ce voyage: en voyant approcher les côtes grecques, au petit matin, sur le bateau qui venait de Brindisi, puis en apercevant l’Acropole, au milieu des gaz d’échappement d’un embouteillage athénien. À partir de ce voyage-là, une partie de ma vie était jouée: je n’ai plus songé qu’à repartir pour ce pays, à le découvrir, l’explorer, le parcourir. Pendant les vacances scolaires, j’ai travaillé pour y retourner, sac au dos, chaque année ou presque.

Les hasards de la vie et de la carrière ont fait que je ne suis pas devenu archéologue, mais l’essentiel n’était plus là, parce que je n’étais pas tombé amoureux seulement de la Grèce historique en marbre blanc. J’étais tombé amoureux d’un pays vivant, habité par des gens d’aujourd’hui, de ses paysages, de sa lumière, de leur cuisine, de leur musique, de leur littérature, de leur manière d’être ensemble et de danser, de leur perception du monde et du temps, de leurs qualités et de leurs défauts… Jusqu’à choisir de partir vivre deux ans sur une petite île du Dodécanèse, "mon" île désormais: les deux plus belles et plus riches années de ma vie.

Quant à la question d’être un romancier ou un romancier gay… c'est une question intéressante et biaisée à la fois. Lorsque j’écris un roman, je ne me demande pas si je suis romancier, gay, l’un et l’autre, plus l’un que l’autre. Gide, Yourcenar, Wilde… sont-ils des écrivains gays, parce qu’ils étaient homosexuels, parce que leur œuvre met en scène des personnages homosexuels ? Pourtant, et en même temps, on écrit avant tout à partir de ce qu'on est et l’on écrit dans un temps donné. Or, je suis gay et j’écris dans un temps où il n’est plus "nécessaire" de se dissimuler, de "transposer" comme crut devoir le faire Proust. Cette liberté, j’en suis un héritier, puisqu’elle fut conquise par des aînés; j’en suis aussi comptable au temps où, dans la Rome de Benoît XVI, on nous ressert une fois de plus le vieil amalgame homosexualité/pédophilie et où le régime iranien pend, dans l’indifférence générale des médias occidentaux, des jeunes gens parce qu'ils sont homosexuels.

Cette liberté j’en ai d’ailleurs profité, parce que Gide, Yourcenar ou Navarre m’ont dit, à moi, à l’âge où je me demandais si je n’étais pas un monstre, si je n’étais pas la victime d’une malédiction, que l’homosexualité n’était ni une maladie ni une condamnation au malheur. Et je sais par des lettres et des rencontres que mes précédents livres ont eu pour des jeunes gens la même "utilité".

Cela signifie-t-il pour autant que je sois un romancier gay ? Non, si être un romancier gay c’est renoncer à s’adresser à tous et écrire des histoires de gays pour des gays. Oui, comme je suis un romancier anti-chrétien, un romancier hédoniste, gourmand, amateur de bons vins, passionné de Grèce, de liberté… l’homosexualité tient une place importante dans mes livres parce qu’elle tient une place importante dans ma vie et parce que je tente d’écrire avec sincérité. Avec ma sincérité, c’est-à-dire, je crois, d’une manière assez différente des trois modes de traitement de l’homosexualité qui, en littérature, me semblent demeurer dominants: l’homosexualité de salon esthétisante et désincarnée, la vieille homosexualité-malédiction qui semble connaître, ces temps-ci, une nouvelle vogue, l’homosexualité-provocation qui à vrai dire ne provoque plus personne depuis longtemps même si elle enchaîne jusqu’à la nausée les descriptions cliniques d’actes sexuels, de préférence à risques et dans des ambiances glauques ou violentes – de toute façon sans jubilation. Littératures tristes de peine-à-jouir où la culpabilité le dispute à l’autopunition.

Les histoires que j’écris tentent au contraire de montrer une homosexualité positive, charnelle et sentimentale, équilibrée, épanouie même lorsqu’elle est libertine et vagabonde. Et si mes histoires finissent mal, parfois, ce n’est pas par une cause intrinsèque à l’homosexualité, mais parce que celle-ci continue à susciter la violence de la société, du pouvoir, des religions, en réponse aux questions qu’elle leur pose et qui touchent à l’universel. C’est ce que j’essaye de dire, notamment lorsque j’écris, dans La Quatrième Révélation, à propos du règne de Théodose, que "la liberté meurt en même temps que meurt la liberté d’aimer les garçons", parce qu’à partir du règne de ce chrétien fanatique qui achève la construction de l’empire totalitaire entreprise par Constantin, persécute et massacre à tour de bras les païens comme jamais les chrétiens n’avaient été persécutés, en même temps qu’il envoie les sodomites au bûcher, parce qu’à partir de ce règne inaugural d’un millénaire et demi de totalitarisme chrétien, l’attitude de l’État à l’égard de l’homosexualité sera effectivement, jusqu’à nos jours, un excellent baromètre de la liberté de conscience et des libertés individuelles.

Lancelot: Enfin pouvez-vous nous parler un peu de vous, quel type d'homme vous êtes, ainsi que vos passe-temps favoris ?

OD: Je suis avant tout un hédoniste: j’ai fait mienne, une fois pour toutes, la philosophie de l’école grecque de Cyrène – aux antipodes du christianisme –, celle que défend Michel Onfray dont j’admire et suis le travail depuis des années: la recherche du maximum de plaisirs, au prix du moindre inconvénient et en prenant garde de ne pas nuire à autrui. J’ai une immense reconnaissance pour mes parents qui ont fait beaucoup de sacrifices pour nous permettre, à ma sœur et à moi, de faire les études que nous avons choisies, qui m’ont donné le goût des voyages – une de mes drogues favorites avec le bourgogne et la retsina. Je partage ma vie depuis plus de vingt ans avec le même garçon – tendresse, humour, connivence, confiance, amour je crois; même sens ludique de l’infidélité sensuelle et, pour reprendre une expression d’Onfray, du libertinage solaire. J’aime cuisiner, boire et manger (on le lit aussi dans mes livres) pour et avec mes amis. Le soleil, la mer, les balades à pied dans le maquis et les odeurs de soufre de "mon" île-volcan, Nisyros, me sont indispensables pour refaire mes énergies. La littérature, la musique et les voix (en vrac: Haendel, Bellini et le rébétiko, Callas, Fairouz ou Gréco, Glück et Offenbach, Lully et Gounod, Rossini, le Nocturne de Schubert et Hadjidakis…) font partie de ma vie. Certains sujets politiques me passionnent et me donnent l’occasion d’être, avec un plaisir immense, d’une parfaite mauvaise foi.
Et puis enfin je crois dur comme fer, contrairement à Paul, qu’il vaut mieux philosopher que chanter les louanges de quelque dieu unique que ce soit; qu’il y a plus de sagesse dans un chant de l’Odyssée, une tragédie d’Eschyle, quelques sentences d’Héraclite ou de Nietzsche que dans l’Ancien, le Nouveau Testament et le Coran réunis; et qu’Hermès, le vrai héros de ma Quatrième Révélation, le dieu double par excellence, celui de la parole et de la ruse, du commerce et du vol, du mensonge et des savoirs cachés, celui qui accompagne les morts aux enfers et aide les vivants par ses coups de chance, a beaucoup à nous dire sur l’homme et le monde d’aujourd’hui – beaucoup plus qu’un Christ en croix.

Lancelot: De la part des lecteurs de Murmures, merci de nous avoir consacré de votre précieux temps pour notre interview. En vous souhaitant beaucoup de succès littéraires pour 2006.

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jeudi, février 23, 2006

La quatrieme revelation d'Olivier Delorme



FICHE
Titre: La quatrième révélation
Auteur: Olivier Delorme
Catégorie: Roman
Editeur: H&O
ISBN: 2-84547-100-9



Durant une convalescence, Julien est tombé par hasard sur des écrits phalliques, dont le décryptage pour lui n'est qu'un jeu. Ce n'est qu'au moment de vouloir publier les résultats de sa recherche qu'une secte, le Primum Agmen Christi, lui met les bâtons dans les roues.

Parallèlement, ses anciennes affaires politico-financières, du temps où il était juge, lui reprennent le dessus: une personnalité politique importante cherche à s'approprier d'un DVD compromettant.

Quel est donc le dénominateur commun entre ces deux affaires apparemment sans lien ?

Dans ce roman, l'ésotérisme, la cryptologie, les sectes et les secrets du Vatican sont d'actualité, comme la tendance actuelle chez les romanciers que de s'inspirer de tels thèmes. Olivier Delorme n'échappe pas à cette règle, sauf qu'il y rajoute encore une histoire d'amour gay pour corser le tout. Les extraits d'écritures phalliques avec ses tables de déchiffrage donnent un semblant de véridicité au récit. On va de révélation en révélation …

Par contre trop de narrations, pas assez d'actions, surtout vers le début.


BIOGRAPHIE

Olivier Delorme Olivier Delorme est né en 1958 ; historien de formation, il abandonne la recherche après la publication de son premier roman "Les Ombres du levant", en 1996.

BIBLIOGRAPHIE
- Les Ombres du levant (Critérion 1996)
- Le Plongeon (H&O 2002)
- Le Château du silence (H&O 2003)
- La quatrième révélation (H&O 2005)

A lire aussi l'interview de cet auteur à l'occasion de la publication de ce roman.

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mardi, novembre 22, 2005

La nuit des temps de Rene Barjavel



FICHE
Titre: La nuit des temps
Auteur: René Barjavel
Catégorie: Science Fiction
Editeur: Presses de la Cité




Après 900'000 ans d'hibernation Eléa est tirée de son état léthargique par une mission scientifique française qui la découvre dans l'Antarctique sous 1000 mètres de glace.

Simon, médecin de cette mission, s'est épris au premier regard de cette femme d'une beauté divine et d'une féminité portée à l'extrême.

Grâce à Eléa, le monde actuel connaît l'existence d'une civilisation antique, un monde jadis dominé par deux super puissances, une société réglée par un ordinateur central dans les moindres détails, depuis l'alimentation de chacun, la répartition des ressources jusqu'à l'union de deux êtres.

Eléa relate également son histoire d'amour avec Païkan son mari.

Face à cet amour sans nom, Simon arrive-t-il à séduire Eléa ?

J'ai été envoûté par cette belle et émouvante histoire d'amour à la Roméo et Juliette riche en rebondissements des plus surprenantes.

Je ne peux que vous recommander ce merveilleux ouvrage de SF qui restera le plus vendu.

Article rédigé pour le magasine Murmures No 12.


Ma notation: 7/10

BIOGRAPHIE

Fils de boulanger, René J. Barjavel est né le 24 janvier 1911 dans la Drôme. Il perd sa maman à l'âge de 10 ans.
Après avoir exercé différents métiers comme ceux de surveillant, représentant et employé de banque, il devient journaliste à 18 ans, puis responsable de fabrication des éditions chez Denoël en 1935.

Son premier roman, Ravage, qui évoque une société fondée sur la valeur du travail et le refus de la modernité, est publié en 1943 en pleine occupation allemande. Un an plus tard seulement, en 1944, il publie Le voyageur imprudent, qui traîte des paradoxes du voyage dans le temps. Durant l'après guerre, il s'aventure dans le monde du cinéma (il participera notamment à l'adaptation de Don Camillo pour le grand écran) et cesse alors presque, pendant plus de 10 ans, d'écrire. Ce n'est qu'en 1963 que Colomb de la lune marquera son retour dans la littérature, et qu'il écrira La nuit des temps et Le grand secret, respectivement en 1968 et 1973, œuvres qui obtiennent un succès très vif.

BIBLIOGRAPHIE
- Roland, le chevalier plus fier que le lion (1942)
- Ravage (Roman, 1943)
- Le voyageur imprudent (Roman, 1944)
- Cinéma Total (Essai)
- Tarendol (Roman, 1946)
- La Fée et le Soldat (Nouvelles)
- Les enfants de l'Ombre (Nouvelles, 1946)
- Le Diable l'emporte (Roman, 1948)
- Journal d'un homme simple (Journal, 1951)
- Collioure (gros plan de Henry-François Rey, texte de R. Barjavel, 24 dessins au crayon de Willy Mucha),
- Jour de feu (Roman, 1957)
- Colomb de la Lune (Roman 1962)
- La Faim du tigre (Essai, 1966)
- La nuit des temps (Roman, 1968)
- Les chemins de Katmandou (Roman, 1969)
- Les Années de la lune [1969-1970-1971] (1972)
- Le grand Secret (Roman, 1973)
- Le Prince blessé (Nouvelles, 1974)
- Les Dames à la licorne (Roman, avec Olenka De Veer, 1974)
- Les Années de la liberté [1972-1973] (1975)
- Les Années de l'homme [1974-1975] (1976)
- Brigitte Bardot amie des animaux (Photographies, 1976, texte de R. Barjavel)
- Si j'étais Dieu ! (Essai, 1976)
- Les jours du monde (Roman, avec Olenka De Veer, 1977)
- Lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester (1978)
- Les fleurs, l'amour, la vie... (Textes et Photographies, 1978)
- La charette bleue (Roman)
- Une Rose au Paradis (Roman, 1981)
- La Tempête (Roman, 1982)
- L'enchanteur (Roman, 1984)
- La peau de César (Roman, 1985)
- Demain le paradis (Essai, 1986)
- Romans Extraordinaires (Rassemblé par Jacques Goimard, 1995)
- Romans Merveilleux (Rassemblé par Jacques Goimard, 1995)

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jeudi, octobre 27, 2005

Reve de neige de Rosalind Laker


FICHE
Titre: Rêve de neige
Auteur: Rosalind Laker
Catégorie: Roman
Editeur: Presses de la Cité
Nombre de pages: 370
ISBN: 2-258-06258-6


Grâce à l'extravagance d'une tsarine dont la vanité colossale ne saurait tolérer qu'aucune femme la surpasse en élégance, une modéliste et brodeuse d'exception parisienne part en Russie.

C'est l'occasion pour Marguerite, notre héroïne, de sortir de son train train quotidien. Ainsi amène-t-elle dans son périple une équipe de brodeuses triée sur le volet.

Dans cette aventure Marguerite ne s'est jamais doutée que son existence est à jamais changé. N'étant pas remise de la mort tragique de son fiancé, Marguerite se montre ambiguë face aux avances de ses aspirants.

Qui remportera le cœur de la couturière ? Entre les intrigues, les secrets du palais et la vie sentimentale de l'équipe des couturières, le lecteur n'aura pas le temps de s'ennuyer.

La première partie du roman est plutôt monotone. Les dernières pages s'annoncent par contre riches en événements.

Assez plaisant comme lecture.

Article rédigé pour le magasine Murmures.

Ma notation: 5/10

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dimanche, octobre 23, 2005

Le confesseur de Daniel Silva



FICHE
Titre: Le confesseur
Auteur: Daniel SILVA
Catégorie: Roman policier
Editeur: PRESSES DE LA CITE
Nombre de pages: 420
ISBN: 2-258-06541-0


Benjamin Stern, historien juif, spécialiste de l'histoire de l'Holocauste, a été froidement assassiné dans son appartement de Munich, et les néonazis sont suspectés. Gabriel, un agent secret israélien hors pair, a été appelé pour percer le secret de cette mort mystérieuse. Son enquête ne va pas se révéler de tout repos.

Tout d'abord aucune trace d'un livre sur lequel Stern travaillait au moment de son meurtre. Aucun autre indice qui puisse permettre à Gabriel de remonter à l'auteur du crime. Grâce à son flair et à sa perspicacité, Gabriel reconstitue peu à peu tous les morceaux manquants du puzzle.

Le suspense se corse là où s'interfèrent les conspirations du Vatican, une thèse liée à l'holocauste, et les manipulations des services secrets. Sans compter les tentacules de la Crux Vera, le KGB de l'Eglise catholique, une Eglise dans l'Eglise.

Palpitant et beaucoup d'actions. Mon coup de cœur du mois d'octobre.


Article rédigé pour le site Web du magasine Murmures.

Ma notation: 10/10


BIOGRAPHIE

Après avoir fini l'Université, Daniel Silva s'est lancé dans le journalisme. Il a travaillé tour à tour pour l'agence de presse UPI, au Bureau des affaires étrangères à Washington, puis comme correspondant pour le Moyen-Orient au Caire. Ensuite il est devenu producteur d'émissions d'actualité et de politique pour CNN. Son premier roman, "L'espion qui n'existait pas", est vite devenu un best-seller aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne dès sa publication.

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mardi, octobre 18, 2005

Le dernier jure de John Grisham



FICHE
Titre: Le dernier juré
Auteur: John Grisham
Catégorie: Roman
Editeur: Robert Laffont
Nombre de pages: 398
ISBN: 2-221-10056-5




On vivait tranquillement dans le Comté de Ford. Sa gazette locale, le Times, ne relate que des banalités sans grand intérêt pour le public.

Jusqu'au jour où Rhoda Kassellaw, veuve à l'âge de 28 ans, a été violée puis sauvagement assassinée. Malgré sa discrète beauté, Rhoda est restée une veuve modèle en se consacrant à l'éducation de ses deux jeunes enfants.

Danny Pagitt, le meurtrier, a été condamné à perpétuité. Lors de son procès, celui-ci a juré devant la Cour qu'il aura la peau de tous les jurés en cas de condamnation.

Neuf ans après, Danny obtient une libération conditionnelle.

L'histoire va-t-il prendre une mauvaise tournure ou aurions nous une fin heureuse ?

Parallèlement à l'aspect thriller, et à travers le portrait d'une femme noire dont la moralité est irréprochable, l'auteur nous fait découvrir la période de la déségrégation raciale dans le Mississippi.

C'est un Grisham que j'ai le moins aimé. De plus, la deuxième partie du roman est ennuyeuse. Par contre, en ce qui concerne le côté procédurier de la justice états-unienne, Grisham reste égal à lui-même.

Article rédigé pour le site Web du magasine Murmures.

Ma notation: 4/10

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vendredi, septembre 30, 2005

Destination cerveau de Isaac Asimov



FICHE
Titre: Destination cerveau
Auteur: Isaac Asimov
Catégorie: Science fiction
Editeur: Pocket Science-fiction
Nombre de pages: 477
ISBN: 2-266-15152-5



Albert Jonas Morrison est un neurophysicien américain, rejeté par ses collègues qui n'acceptent pas ses théories et le prennent pour un fou. Mais les russes le considèrent comme l'homme de la situation pour les aider à mener à bien un projet menacé d'être supprimé par le gouvernement soviétique en l'absence de résultats immédiats. Or Chapirov, le neurophysicien russe à l'origine de cette recherche, se trouve dans le coma.

Devant le refus de A. J. Morrison de coopérer avec eux, les russes l'enlèvent et l'emmènent en URSS. Leur but: demander à celui-ci d'aller récupérer les pensées de Chapirov à l'intérieur du cerveau de celui-ci.

A contrecœur Morrison sera membre d'une équipe d'expédition russe qui sera miniaturisée avec un sous marin, puis introduite dans les cellules nerveuses en question. Le fait d'apprendre que le coma de Chapirov est une séquelle provoquée par un incident lors d'une opération de miniaturisation le met encore plus mal à l'aise ! Au cours de l'expédition il découvre petit à petit des vérités qui ne lui sont pas communiquées au début du voyage. De quoi augmenter sa tension !

On est en pleine guerre froide. La course technologique entre les deux supergrands va bon train. Cet épisode est à l'honneur des gentils russes.

Dans cet habitacle étroit que représente le vaisseau, naissent des relations complexes entre êtres humains, des rivalités entre scientifiques, puis entre les russes et l'américain, ainsi que des relations ambiguës entre certains personnages.

On y découvre, même sans en comprendre vraiment le sens, le mécanisme subtil du fonctionnement de notre cerveau et de notre système biologique, que l'auteur, célèbre scientifique et écrivain de science-fiction, décrit avec une simplicité déconcertante.

Une aventure fantastique. Impressionnant les obstacles et les dangers que nos héros doivent affronter. Sans compter les imprévus.

Comment nos héros vont-ils s'en sortir ?

Un roman palpitant. Les coups de théâtre de dernière minute époustouflants.

Article rédigé pour le magasine Murmures No 11 (SEPT-OCT 2005) en 850 caractères.

Ma notation: 9/10

La genèse
Généralement les films s'inspirent des livres. Pour notre cas, le film "Le Voyage fantastique" ("Fantastic Voyage") fut décliné en roman.

Fiche du film:
Américain, 1966
Réalisateur: Richard Fleischer
Durée: 1h 40mn
Acteurs: Stephen Boyd, Raquel Welch, Donald Pleasence, Edmond O'Brien, Arthur O'Connell.

Le film "Le voyage fantastique" remporta l'Oscar des Meilleurs effets spéciaux visuels et celui des Meilleurs décors. Il fut également nominé pour la Meilleure photo, Meilleurs effets spéciaux sonores et Meilleur montage.
Il fut en outre nominé au prix Hugo de science-fiction.

La novellisation fut effectuée par Isaac Asimov. Ce dernier demanda à pouvoir remanier l'intrigue pour en éliminer les failles les plus évidentes du film qui contient plusieurs invraisemblances notoires. Le tournage ayant connu des délais imprévus, le livre sortit d'ailleurs en premier.

Malgré un bon succès commercial, Isaac Asimov n'était pas entièrement satisfait de son oeuvre. En 1987 il corrigea le canevas de l'intrigue et en tira une deuxième version: ce fut "Destination cerveau" ("Fantastic voyage II Destination brain" en version originale).

Biographie de Isaac Asimov (1920-1992)
Né à Petrovitchi (Russie), Isaac Asimov a émigré avec sa famille aux États-Unis à l'âge de trois ans. Dévoreur de livres, il a découvert la science-fiction dans les pulps du kiosque à journaux tenu par son père. Avec plus de 400 romans ou nouvelles il s'est très vite imposé comme un des plus célèbres écrivains de SF de tous les temps.

Ses principaux romans constituent trois cycles : le cycle des Robots, le cycle de Trantor et le cycle de Fondation.

Cycle des Robots
Les cavernes d'acier (The caves of steel)
Face aux feux du soleil (The Naked Sun)
Les Robots de l'aube (The Robots of Dawn)
Les Robots et l'empire (Robots and Empire)

Cycle de Trantor
Cailloux dans le ciel (Pebbles in the Sky)
Tyrann (The Stars Like Dust)
Les Courants de l'espace (The Currents of Space)

Cycle de Fondation
Prélude à Fondation (Prelude to Foundation)
L'aube de Fondation (Forward the Foundation)
Fondation (Foundation)
Fondation et Empire (Foundation and Empire)
Seconde Fondation (Second Foundation)
Fondation foudroyée (Foundation's Edge)
Terre et Fondation (Foundation and Earth)

Ses autres romans:
La fin de l'éternité (The End of Eternity)
Les dieux eux-mêmes (The Gods themselves)
Némésis (Nemesis)

Principales nouvelles:
Quand les ténèbres viendront (Nightfall)
La preuve (Evidence)
Personne ici sauf... (Nobody here but...)
La cane aux œufs d'or (Paté de foie gras)
Les idées ont la vie dure (Ideas die hard)
L'amour, vous connaissez ? (Playboy and the slime god)

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mardi, septembre 20, 2005

Le dernier vœu de Andrzej Sapkowski



Il s'appelle Geralt. Les gens le surnomment le sorceleur. Armé d'un glaive suspendu à sa ceinture dans son dos, il use d'un peu de magie mais surtout de la force et beaucoup de violence. La synthèse de ce mélange nous donne un mercenaire errant des temps antiques, en quête de gagne pain. Malgré cette apparence c'est un type droit et honnête.


Dans ce roman, l'auteur nous offre des aventures de ce héros aussi fantastiques les unes que les autres. Ou plutôt des contes qui se lisent de façon indépendante.

En voici les genres: une princesse de quatorze ans, transformée en "strige" par on ne sait quel maléfice, s'attaque aux gens à la pleine lune, un jeune homme dont une prêtresse lui a jeté un mauvais sort, un magicien menacé par une "mutante" qui a une dent contre lui, l'histoire émouvante de la belle et la bête version moyennâgeuse, des paysans qui veulent chasser de leur vallée un diabolo, et enfin un djinn s'échappant d'un vase enchanté pour réaliser trois vœux (d'où le titre du roman).

De toutes ces épopées, le sorceleur a résolu certains cas d'une façon appropriée, et d'autres de façon inattendue. Puis, à chaque dénouement, s'en va, sur son cheval, sur les chemins d'une nouvelle aventure, tel un cow boy solitaire loin de son foyer. Lancelot

Cet article est publié dans le site du Magazine
Murmures (sans les parties qui suivent).

Ma notation: 6/10


BIOGRAPHIE

Andrzej Sapkowski considéré comme le Tolkien polonais, est né en 1948 à Lodz (Pologne). Il a fait des études d’économie et de commerce, puis le succès spectaculaire qu’il a remporté avec le cycle de romans et de nouvelles sur le sorcier Geralt de Riv l’a décidé à devenir un romancier à part entière. Il est toujours l’un des cinq auteurs best-sellers polonais: chacun de ses titres vendu plus de 100'000 exemplaires, rien qu’en Pologne. Il dépasse ainsi, dans son pays, Stephen King, Michael Crichton ou John Grisham ! Il est maintenant traduit en 7 langues, dont l’allemand et l’espagnol. Les aventures de Geralt de Riv ont été adaptées au cinéma, en série télé, en BD et en jeu de rôle !

BIBLIOGRAPHIE
- Le dernier Voeu (Ostatnie zyczenie), 1993 - trad. fr. 2003
- L'Epée de la providence (Miecz przeznaczenia), 1992
- Le Sang des elfes (Krew elfow), La saga du sorceleur 1, 1994
- Le Temps du mépris (Czas pogardy), La saga du sorceleur 2, 1995
- Le Baptême du feu (Chrzest ognia), La saga du sorceleur 3, 1996
- La Tour de l'hirondelle (Wieza jaskolki), La saga du sorceleur 4, 1997
- La Dame du lac (Pani Jeziora), La saga du sorceleur 5, 1999
- Le monde du roi Arthur / Maladie (Swiat krola Artura/Maladie), essai et nouvelle, 1995
- Quelque chose s'achève, quelque chose commence (Cos sie konczy, cos sie zaczyna), huit nouvelles, 2001
- Narrenturm, 2002

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